Girod-Chantrans, Op. cit., p
4. Moreau de Saint-Méry, Description de la partie française de Saint- Domingue, t. I, p. 19-20. — Nicolson, Essai sur l'histoire naturelle de Saint-Domingue, p. 75. « Les femmes de Saint-Domingue sont passionnées pour la danse; lorsque cet amusement leur manque... elles passent leur temps à- dormir ou à quereller leurs servantes avec un dédain, une hauteur insupportables, »
rentes. « La solitude, écrit Moreaii de Saint-Méry, plaît aux femmes créoles qui y vivent volontiers, même au sein des villes; elle leur donne un caractère de timidité qui ne les quitte pas dans la société, où elles répandent peu d'agréments \ » Et cela est d'autant plus significatif, que cela n'est pas particulier aux seules créoles, mais à l'un et l'autre sexe. Le fait a frappé presque tous les observateurs : il n'y a point, ou il y a peu de société à Saint- Domingue.
Un colon, qui n'a d'ailleurs vécu que quelques semaines dans la colonie, le comte de Ségur, nous a tracé, je ne l'ignore point, des « plaisirs de la société » dans l'Ile un tableau bien souvent cité. « Les routes, écrit-il, étoient sans cesse couvertes d'une foule de chars légers qui promenoient les créoles voluptueux d'habitation en habitation... Tous se visitoient, se réunissoient continuellement; ce n'étoit sans cesse que festins, danses, concerts et jeux dans lesquels souvent les plus grandes fortunes se dissipoient en peu d'heures. Ces riches plaines de la colonie offroient en quelque sorte l'image, par leur luxe et leur mouvement, de ces grandes capitales divisées en nombreux quartiers, où le commerce, les affaires, les intrigues et les plaisirs entretiennent une perpétuelle agitation et un mouvement sans reposa »
Je crois, quand même, qu'il y a là beaucoup d'optimisme et la généralisation un peu hâtive de faits trop particuliers. Sans doute, dans certains «quartiers », dans la plaine du Fonds, par exemple, « on se réunit volon-