SCÈNE IV
porcheres-d'arbaud, colomby.
PORCHERES.
Illustre Colomby, vrai cousin de Malherbe, De ton mérite seul, glorieux et superbe ;
Parmi tous les auteurs, en voit-on aujourd'hui Qui puissent approcher ou de vous, ou de lui?
COLOMBY
Malherbe ne vit plus, Bertaut n'est plus au monde; « D'ignorance et d'erreur toute la terre abonde. »
PORCHERES.
Desportes a subi notre commun destin; Passerai a vécu; j'ai vu mourir Rapin : Et c'étaient les auteurs dont l'illustre génie Aurait pu faire honneur à notre compagnie.
COLOMBY
Vous savez que j'avais auprès du Potentat La charge d'Orateur des affaires d'État.
PORCHERES.
Et vous n'ignorez pas que j'eus dans la Régence Des nocturnes plaisirs la suprême Intendance.
COLOMBY
Or, n'étant point payé de mes appointements,
PORCHERES.
Détrompé que je suis de tous amusemens,
COLOMBY
Je vais faire leçon aux gens de nos Provinces Du peu de gain qu'on fait au service des Princes.
PORCHERES.
J'abandonne la Cour, et vais dans chaque lieu Louer la Reine mére, et blâmer Richelieu.
COLOMBY
Aux auteurs assemblés prenez le soin de dire Que las de mes emplois, enfin je me retire.
LES ACADÉMISTES
PORCHERES.
C'est la forme ordinaire ; et, quiconque a quitté, Leur a fait, les quittant, cette civilité.
COLOMBY
Vous direz de ma part, sans aucune autre forme, Qu'au lieu de réformer les mots, je me réforme.
PORCHERES.
Je traiterai la chose un peu moins durement. Et leur ferai pour moi le même compliment.