‹ Saint Elzéar de Sabran et la bienheureuse Delphine de SigneChapitre 10 sur 29 · ET LA BIENIIEUUKIJSE DELPHINE DE SIGNE 2Q · texte numérisé non relu

ET LA BIENIIEUUKIJSE DELPHINE DE SIGNE 2Q

contre Dieu, l.i glorieuse Vierge ou les saints, ni de faire des serments faux ou légers et sans cause, ni de prononcer des paroles impudiques ou déshonnètes ; car la langue peut donner la mort ou la vie, dit le Sage, et TA poire njoute : t [.es entretiens rlépravés corrompent les € bonnes mojurs. »

« G" Personne ne jouera aux dés ou à d'autres jeux illicites ou déshonnètes. »

L'article 7 recommandait la charité en ces termes touchants : • Que tous conservent la paix, Tamitiéet la concorde. Que personne n'offense son prochain en parole ou en acte, sinon il devra de suite rentrer en grâce avec lui. »

Enfin, dans Tarticle 8, le châtelain se montre à la fois catéchiste et directeur d'une sorte de groupe d'études familial. « Chaque jour, dit-il, après dîner ou dans la soirée, toutes les personnes de la maison, à moins d'empêchement légitime, et le maître avec elles, auront ensemble un entretien pieux pour la formation intérieure. Nul n'interpellera, mais au contraire tous écouteront avec bienveillance celui qui aura la parole, et prieront Dieu de lui inspirer des pensées utiles au progrès de tous dans la vertu. Le contrevenant sera exclu de cette dévote causerie jusqu'à ce qu'il se soit amendé. »

Dans ces conférences, Elzéar tout le premier, puissamment secondé par la grâce divine, avait des paroles de feu qui changeaient les âmes de ses auditeurs et les remplissaient de saints désirs. Il les exhortait à l'amour de Dieu, à la

charité mutuelle, à garder leurs âmes comme des vases sans tache et brillants de pureté. Le chrétien, disait-il encore, doit, au commencement de son oraison, s'humilier par la vue de ses fautes, car la prière de l'homme humble pénètre les cieux.

Ces sages prescriptions faisaient régner dans la maison une charité, une dévotion, une paix, une pureté si grandes, quelle offrait l'aspect d'un monastère plutôt que d'un château. Aussi la religieuse Alasacie, sœur de Delphine, a-t-elle affirmé souvent, qu'elle vivait avec les saints époux d'une manière beaucoup plus pieuse, honnête et régulière que dans son propre couvent. Et de son côté, le vénérable évéque de Digne, Renaud de Porcelet, emprunta le règlement d'Elzéar pour l'établir dans son palais.

Mais la sollicitude des pieux châtelains ne se bornait pas au personnel du château ; elle s'étendait à tous ceux qui dépendaient de leurs domaines. Pour ces vassaux ils firent publier dix commandements, que Borély déclare avoir trouvés dans les archives des Frères Mineurs d'Apt, écrits surune pièce de vélin, « qui par son ancienneté, dit-il, jointe à quelque connaissance que j'ai de ce caractère, me fait douter qu'ils ne soient écrits de la main même du saint comte.» Voici ce décalogue en style moderne.

t Qu'aucun de mes vassaux ne se permette de blasphémer, de quelque manière que ce soit;

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