T I.A IIIKNHKUUEUSE DELPHINE DK SIGNK 3l
car de mc^me que les loiinnpes qu'on donne h Dieu attirent ses ^n^ces et ses bénédictions sur nos Ames, de même les parjures, les reniements et toutes ces paroles exécrables qui tiennent du hmgage de l'enfer, attirent surnous la colère du ciel, et sont la perte de nos corps et de nos Ames.
« Je veux introduire la dévotion de la sainte Mère de Dieu par toutes mes terres, et par conséquent je veux que tous mes sujets la choisissent pour leur protectrice ; car si nous avons besoin de la miséricorde de Dieu, nous ne pouvons pas mieux adresser nos vœux qu'à cette toute-puissante Reine, puisqu'elle daigne prendre notre protection et se rend le refuge de tous les pécheurs. Aussi je défends expressément qu'on fasse aucune œuvre manuelle les jours de fête que la sainte Eglise a dédiés à son service, et je veux que tous mes sujets entendent la messe et l'office divin ces jours-là, sous peine d'être châtiés par mes officiers établis à cet effet.
€ J'ordonne à mes officiers de veiller à ce qu'on vive chastement dans mes terres, et d'en bannir les sensuels et les impudiques. Si l'on y découvre quelque adultère, que la première et la seconde fois il soit repris publiquement, et la troisième fois banni et châtié ; car s'il ne doit
rien entrer de souillé dans le paradis, rien d'impur ne doit être souffert parmi les chrétiens destinés à la gloire éternelle.
« Je veux que les grandes fêtes de TÉglise soient exactement solennisées chez moi, comme sont les jours de Pâques, de la Pentecôte, de la Toussaint et le jour de Noël. Que tous se confessent pendant ces fêtes, ou du moins qu'ils ne passent pas deux de ces fêtes sans se confesser et communier ; de même aux fêtes de l'Assomption de la sainte Vierge notre Mère, et de son Annonciation, afin qu'elle nous soit toujours propice, tant que nous serons en ce monde, et qu'à l'heure de notre mort elle nous serve d'avocate pour nous obtenir la grâce de son Fils.
« Je bannis de mes terres les oisifs et les fainéants qui ne veulent pas travailler pour gagner leur vie ; et afin que la distribution de blé que je fais faire tous les ans en faveur des pauvres, ne soit pas la cause de leur négligence, je commande expressément à mes officiers de ne rien donner à ceux qui, sous prétexte de cette aumône assurée, négligeraient le travail, le but de cette distribution étant de nourrir le corps, et non de perdre Tàme par l'oisiveté.
i:r I A IIIKNIIKUIIKUSK DKLPHINi: DK SIONK 33
« Je (lofends les brelans publics, comme des assemblées oii Dieu est oU'ensé par les jurements et les querelles qui s'ensuivent. Je n'empêche pas néanmoins qu'on se divertisse, les jours de fête, pour se délasser des travaux de la semaine ; mais je veux que ces divertissements soient sans gain et sans perte, car ces pertes ne peuvent qu'engendrer des inimitiés entre mes sujets.
« 0^^^' tout le monde se contienne en paix, et, pour se conserver dans cette belle vertu, il faut éviter les querelles, les débats et les injures qui tiennent plus de la nature des démons que des hommes raisonnables.
« Que s'il arrive quelque querelle parmi eux : j'entends que le jour ne passe pas qu'elle ne soit accordée, c'est le conseil de l'Évangile qui nous recommande de ne point dormir sur ces difterends, crainte que pendant la nuit notre ennemi commun, qui veille toujours sur nous, ne tire avantage de nos désordres.
« J'ordonne expressément que les jours de fête et autres où il y aura sermon, tous les ha-