‹ Saint Elzéar de Sabran et la bienheureuse Delphine de SigneChapitre 14 sur 29 · ET LA DIKNIIKUUEUSK DELPHINE DE SIGNE · texte numérisé non relu

ET LA DIKNIIKUUEUSK DELPHINE DE SIGNE

(Variiu'S. Henri de Luxembourg, élu empereur sous le nom de Henri VH, avuit d'abord recherché l'alliance de lioberl. Mais celui-ci représentait le parti guelfe ou français, tandis que l'empereur était de droit le chef des gibelins ou allemands; les haines qui animaient ces deux factions rendaient donc difficile l'union des deux souverains. Les négociations ouvertes entre eux furent rompues, et Henri en entama d'autres avec Frédéric, roi de l'île de Sicile ou Trinacrie, adversaire désigné de Robert. Les armées ennemies se rencontrèrent à Rome, où l'empereur s'était rendu pour se faire couronner à Saint- Pierre. Avec l'appui des Colonna, les impériaux s'établirent au Capitole et au Colisée. L'armée franco-napolitaine, commandée par Jean de Morée, frère du roi, occupa d'abord le Vatican et le château Saint-Ange, puis s'empara du Capitole et campa sur le Forum. La lutte se prolongea pendant deux mois. Enfin Henri VH, désespérant de parvenir à Saint-Pierre, se fit couronner à Saint- Jean-de-Latran, le 29 juin i3i2. La consécration impériale lui fut donnée non par le pape Clément V, qui était en France, mais par trois cardinaux ; après quoi, l'empereur quitta Rome.

Elzéar faisait partie de l'armée française, et Borélj^ son biographe, le représente comme un Mars à la tète des troupes. Barjavel, dans son Dictionnaire historique de Vaucluse^ écrit de son côté : « Nommé général des troupes que Robert fit marcher au secours des Romains

assiégés par Henri VII, Elzéar fondit sur les Allemands, les repoussa à la première charge, força l'empereur à la retraite et lui fit perdre la meilleure partie de son armée. »

On rapporte que le comte d'Ariano fut blessé légèrement à la tête par un officier ennemi, qu'il désarma et captura ensuite. Les soldats d'Elzéar, voyant leur général blessé, allaient par représailles immoler le prisonnier, quand le comte, toujours généreux, Farracha de leurs mains et le miten sûreté. (Boz^;Sam^£'Zzéar.) Mais comme Tardeur chevaleresque et guerrière n'était pas éteinte dans Tàme du Saint, il lui arriva de s'abandonneràTivresse du combat, ce dont Notre- Seigneur le reprit et le châtia par une rude discipline.

Ainsi Rome expiait dans les horreurs de la guerre ses révoltes contre les Vicaires de Jésus- Christ. Depuis longtemps cette malheureuse ville ne leur offrait qu'un asile précaire et troublé, et le glorieux pape Innocent III lui-même avait dû un moment fuir devant les factions. En i253, le peuple s'adressa au Bolonais Brancaleone pour mettreuntermeàl'anarchiedesÉtatsderÉglise.

Moins paternel que les papes, celui-ci rasa cent quarante forteresses, fit pendre les gentilshommes, tout comme les brigands, et efi'raya même Innocent IV. Avec Alexandre IV la cour pontificale se transporta à Viterbe ; Urbain IV put à peine, avec le secours de Robert de Flandre, trouver asile dans Orvieto et Pérouse. A la mort de Nicolas IV (1292), la cité fut désolée par

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la guerre ; ponrhmt six mois, dit le cardinal de Saint-Georges dans sa Vie de Célestin V, les machines lancèrent des pierres énormes, les coups de bélier trouèrent les maisons, l'incendie embrasa les tours(i). Knfin l'attentat d'Anagni mit le comble aux excès (i3o3); hélas! la France participait à celui-ci. Colonna justifiait une fois de plus son surnom de Sciarra {dispute), et l'Italien l'emportait encore en brutalité sur le Français Nogaret, tandis que Boniface VIII opposait à ses agresseurs une admirable magnanimité.

C'en était trop: l'Italie allait être dépossédée de ses pontifes, et, pendant les soixante-dix ans de l'exil de Babj'lone, la Ville éternelle, déchirée par les factions rivales, verrait ses ruines s'accumuler.

I. Histoire de la Papauté au XIV' siècle, par Christophe, curé de Notre-Dame de Fontaine (Rhône).

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