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Le corps (ri\l/car fut d'abord inhumtî ou dcpos<5 dans lY'glisc des Frcres-Mi rieurs à Paris. Mais nous avons vu que, par son testament, le saint comte avait choisi pour lieu de sa sépulture le couvent franciscain d Apt. Le P. Mayronis se mit donc en devoir de satisfaire ce désir. Raphaël et Borély accompagnent la translation de faits prodigieux qui ne sont mentionnés ni dans la Vie de Bodekcn, ni dans la supplique adressée au pape Jean XXII, quatre ans seulement après la mort d'Elzéar, par le clergé et le peuple d'Apt. Le silence de ce dernier document est d'autant plus significatif qu'Antoine Pagy lui donne pour auteur Mayronis lui-même, qui, d'après Roréh', accompagna le corps de son saint pénitent de Paris à Apt. Aussi les Bollandistes rejettent-ils les récits de Raphaël et de Borély sur ce point. Ces gracieuses légendes témoignent tout au moins de Famour avec lequel nos pères se plaisaient à tresser des guirlandes fleuries autour de la dépouille de leurs chers bienheureux.
Cest à ce titre que nous les relatons.
Or donc, à l'approche du corps de saint EIzéar, les cloches d'Avignon se sont d'elles-mêmes ébranlées en signe d'allégresse. Oui, sonnez, cloches de Notre-Dame des Doms, pour accueillir le dévot serviteur de la Vierge Marie ; sonnez, carillonnez sous la main des anges, voici l'époux angélique de Tangélique Delphine; sonnez, carillonnez, cloches dWvignon et cloches d'Apt, voici un fils de Provence dont les vertus, mieux
que les plantes aromatiques, ont parfumé la terre provençale. A la voix des cloches s'unit la voix des enfants, chers à Jésus. « Vivelc Saint, disent-ils, vive le Saint I » et ils courent au pont de saint Bénézet, où ils rencontrent la litière chargée de la glorieuse dépouille. A cette vue, les joyeuses acclamations redoublent, et le peuple en foule se presse sur le pont pour admirer et vénérer le précieux fardeau. Mais voici que, dans cette affluence extrême, un enfant est tombé dans le Rhône. Le père désolé se met à genoux devant le corps de saint Elzéar, en demandant à Dieu d'épargner le petit innocent, mort pour avoir voulu honorer son serviteur. A cette prière, les eaux du fleuve s'ouvrent et livrent passage à l'enfant, qui aborde sain et sauf au rivage. Ce miracle est représenté sur l'un des fragments du tombeau reproduits au château d'Ansouis.
La dépouille sacrée fut déposée, dit-on, momentanément dans réglise de Saint-Didier d'Avignon, qui était alors desservie par les Frères- Mineurs. Puis le cortège triomphal se rendit à risle-sur-Sorgue, et de là en la ville d'Apt, où le corps du comte d'Ariano fut inhumé dans l'église des Frères-Mineurs. Ce glorieux tombeau fut illustré par des miracles si éclatants que, dès l'année 1827, Mayronis rédigeait la requête demandant au pape Jean XXII la canonisation de celui auquel la voix populaire donnait déjà le nom de saint.
CHAPITRK XI ri