DEUXIÈME PARTIE
Considérés comme officiers de justice , les magistrats mmiicipaux de Saint-Émiiion n'étaient plus , en ■ 790, ce qu'ils avaient été autrefois : nous l'avons lit, depuis l'ordonnance de Moulins, ils n'exerçaient dIus que la justice criminelle et de police , les causes civiles étant portées au tribund du juge royal de la irilie. Chaque tribunal avait ses officiers subalternes. Quant au procureur syndic , son office avait queljue rapport avec ce que nous appelons aujourd'hui e ministère public. D participait à peu près à tous les ictes municipaux; c'était presque toujours à sa diigence qu'étaient pris les arrêtés de police et toutes es mesures d'administration; c'était sur son réquiûtoire qu'étaient rendus les jugements. On le voit nême quelquefois accuser les magistrats de négligence dans l'exécution des devoirs de leurs chai^ges ; Dn le voit lutter contre leur autorité , et se constituer *n opposition ouverte à leurs volontés. Par exemple , Bn 1 7879 les magistrats ayant décidé, en l'absence du procureiur, que certaines sommes seraient appliquée^ xux réparations de certains chemins , le procureur se plaignit qu'on eût délibéré sans appeler le représentant les habitants , l'officier obligé, par état, de soutenir la cause publique, et s'opposa à l'exécution de l'arrêté pris , tant qu'il n'aurait pas été fait , u aux formes ordinaires, une assemblée générale des habitants, pour décider de remploi des sommes qu'ils avaient volontairement payées pour la réparation des chemins. » Il déclara qu'il convo-
querait ies citoyens le jeudi prochain , « pour sfe trouver au-devant de la princiale porte de Téglise de la ville , issue de messe , ou à Thôtel commun , pour être sur le tout délibéré ^ o
Nos magistrats municipaux , avons-nous dit , prenaient le titre de seigneurs hauts, moyens et bas justiciers, n existe aux archives de Saint-Émilion des lettre3 de chancellerie du parlement de Bordeaux, du 19 juin 1 726, qui admettent le maire et les jurats.à rendre au roi w la foi et hommage qu'ils lui doivcmt , pour raison de la justice criminelle et de police, et autres droits et devoirs seigneuriaux appartenant à ladite communauté. » Le même acte nous montre Pierre Bouquey, alors maire, « tête nue, leis deux genoux à terre, sans ceinture, épée ni éperon, tenant les mains jointes , » prêtant foi et hommage et serment de fidélité au roi Louis XV, dans les bureaux du domaine du roi, en Guienne ^.
Les magistrats de Saint Emilion tenaient beaucoup, à ce qu'A paraît, aux prérogatives attachées à leur titre de seigneurs. Ils eurent, vers le milieu du xvni* siècle, un long procès à soutenir contre les seigneurs de Lescolirs ', prétendant avoir le droit de litre *
^ Rcg. munie. i3 mai 1787.
^ Procèft-verbd de foi et hommage, du 21 juin 1726.
' Il y a aux archives de Saint-Émilion des pièces nombreuses relatives à ce procès.
' ^ Le litre ou liste est un lé de velours noir, sur lequel on pose les