DEUXIÈME PARTIE
faire édater des divisions entre deux corps également jaloux de leurs prérogatives. Ainsi, en 1782, le curé ayant annoncé au prône quil ferait la procession de l'octave du Saint-Sacrement à Tissue de la messe paroissiale , ce qui était contraire à Tusage , cette proc^ession ne s étant jamais faite que l'après-midi à Tissue de vêpres, les magistrats prétendirent que, la communauté en corps ayant Thabitude d'assister à cette progression « et d'y porter le dais (c'était une procession de la paroisse et non du chapitre) exclusivement à tous autres, le sieur curé, par ce changement, tendrait à faire perdre ce droit et priver la communauté de cet honneur. » En conséquence ils firent donner acte au curé, pour qu'il eût à se conformer aux usages anciens et à renoncer à toute innovation. La procession se fit en efiFet l'après-midi ; les magistrats y portèrent le dais et consignèrent le fait sur le registre municipal ^
Anciennement l'office paroissial s'était fait dans l'église monolithe ou moustier vieux ; mais , cette église étant regardée comme malsaine, le même office se faisait maintenant dans l'église haute ou moustier neuf y et l'Oise basse ne sei'vait plus qu'à dire la messe pour les vieillards de la basse ville ^.
Tel fiit le chapitre de Saint -Émiiipn jusqu'au 22 janvier 1791, où l'un des chanoines vint, au nom de ses collègues , requérir la municipalité de recevoir
^ Reg. munie. 19 et 22 juin 1788.
^ Déclaration delà municipalité de Saint-Émil. du i3 juillet 179a.
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les ornements de l'église, attendu que le chapitre cessait ses fonctions le jour même après vêpres ^.
IV. Monuments, — Depuis longtemps on ne mettait plus une grande importance aux fprtificatioias de Saint-Emilion, et il faut dire que, depuis Finvfmtipn du canon , ces fortifications n étaient plus qu'^n rempart inripuissantà protéger les citoyens. Aussi voit-Qii plusieurs maisons particulières, adjacente9 aux omrs de ville, obtenir l'autorisation de percer (les jours dans ces murs , ce qui devait nécessairenn^nt pn diminuer la force défensive. Les frères prêcheurs oif jacobins , dont l'immense jardin longeait le mur oriep-
tal, avaient même obtenu, en 17 Tautorisatipp
d'abattre ce mur jusqu'à hauteui' ^'appwi, ce qui laissait une partie de la ville à découvert.
La porte Ppurgeoise était, coname on Ta vu, }a principale entrée de Saint -Emilion. Le 16 février ^780, le procureur sypdic, attendu que les deux murs /situés entre les deux portes, et qui formaient une espèce de couloir, menaçaient ruine jet nç pouvaient tarder à sécrouler, demanda que çe$ miirs fussent abattus '^. Autorisation fnt sollicitée du gouverneur de la province, qui, par ordonnancée du 1 8 août 1784, permit la démolition « des anciens bâ-
^ Reg. munie, de Saint-Émilion.
* Peg. ^unic. 16 février 1780.