‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 114 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

que , le tiers de la dépense étant supporté par le chapitre, il ny aurait que 2,000 livres à la charge de la communauté , et que ses économies pouvaient couvrir ime partie de cette dépense, on demandait seulement aux principaux habitants une contribution volontaire pour parfaire les 2,000 livres. « La nécessité d'entretenir ledit clocher est d'autant plus pressante, disait le procureur syndic , qu'indépendamment qu'il forme le plus bel édifice de la ville , depuis la chuté de celui de Saint-Michel de Bordeaux , il est certainement le plus élevé de ceux de la province ^ » Le procureur ajoutait que sa chute, si elle arrivait, écraserait, non-seulement les voûtes de l'élise paroissiale , mais encore les maisons voisines^. Il fiit décidé que les réparations seraient faites le plutôt possible , et que les citoyens viendraient en aide à la commune ; mais les contributions volontaires se firent attendre , le zèle se refroidit, et on fut obligé d'asseoir une imposition sur la juridiction ^. rV. — Telle était, avant la révolution, la ville de Saint-Émilion. Cette ville entra hardiment dans les voies révolutionnaires , peut-être sans calculer quelles pourraient être pour elle les suites du mouvement auquel elle s'associait.

^ Reg. munie. 11 et 1 4 septembre 1773.

' c Les quatre cloches se casseraient,» ajoute le procureur. La sonnerie de ces cloches fut de tout temps un sujet de discussion entre la commune et le chapitre.

^ Reg. munie. 18 août 1774' On plaça une plaque en plomb vers

Le 5 février 1789, furent convoqués extraordinairement les habitants de la ville et de la juridiction. Le maire Jean Guadet leur annonça que le roi avait résolu de consulter la nation avant dassembier 1^ états généraux, et qu'il invitait le peuple à faire connaître son vœu sur la composition de cette assenablée. Le maire exposa ensuite ses idées personnelles : selon lui, le tiers état formant plus des deux tiers de la nation , et supportant ia plus grande partie des impositions royales, devait nommer un nombre de députés, sinon plus grand, du moins égal aux députés du clei^é et de la noblesse pris ensemble : les votes devaient être comptés par tête et non par ordre ^. Le procureur syndic Desèze prit ensuite la parole; il paria dans le même sens que le maire , et l'assemblée tout entière se rangea au même avis. Il fut donc rédigé une délibération portant que le roi serait supplié d'ordonner que les députés du tiers état seraient au moins en nombre égal aux députés du clergé et

le haut et en dedans de la flèche , avec cette inscription :

An. Dom. m. dgc. lxxiv

Lud. XVI n. g. Fr. et Na. rege

D. Guili. Voyzin urbis prœfecto,

consuUbus D. D. J.acob. Larau, Joan. Bap. BemardeaUf

Petr. Costa et Franc. Ditsese , Joseph. Lavalette

reipub. proca. Simone Amaudeau scriba , Petr. fiyot qna^tore ,

omnibus a rege designatis , h»c sens campani tnrris rninoM ter mille Silmmi

prœtio reparata fuit , curia municipalis tertiam , canonîoomm odl^nm ter-

tiam , nobUes , oppidani et possessores in urbe tertiam solverimt partem.

* Reg. munie. 5 février 1789.

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