DEUXIEME PARTIE
<ie la noblesse réunis, et que les suffrages seraient comptés par tète; que les députés de la bourgeoisie seraient pris moitié dans les villes et moitié dans les campagnes, sans distinction du plus ou du moins d'impositions qu'ils supportent. Quant au mode d'élection , on demandait que la bourgeoisie de chaque Juridiction envoyât quatre députés aux états provinciaux, deux bourgeois de la ville et deux de la campagne, et que cette assemblée nommât deux députés pour représenter aux états généraux, lun, la classe des bourgeois des villes, l'autre, la classe des bourgeois cultivateurs. L<es députés du tiers état ne devaient être pris ni parmi les nobles, ni parmi lés anoblis , ni parmi les agents , fermiers , juges et autres officiers de justice des seigneurs et privilégiés. Quant aux artisans, chaque corporation d'une même juri- <iiction devait envoyer un député aux états provinciaux, et les députés réunis de toutes les juridictions nommer un représentant aux états généraux ; les artisans pourraient choisir leur député comme ils Tentendraient. Enfin, on voulait que le bas clergé envoyât aux états généraux un nombre de députés égal à ceux du haut clergé. Un article spécial demandait au roi d'ordonner que « sa bonne et ancienne ville de Saint-Émilion aurait, conjointement avec les sept autres filleules^ de la cité de Bordeaux, deux dépu-
^ Ces villes avaient toujours joui , à ce qu'il parait, du droit d'envoyer deux députés aux états généraux.
tés particuliers pour soutenir ses droits seigneriaux^ » La délibération est signée par le maire, par les jurats, par le procureur syndic , par les syndics des paroisses et par les délégués des bourgeois et de tous les corps de métiers ^.
Les états généraux furent convoqués par iettres^ss s du 2 4 janvier 1789. Cette convocation fut notifiée^^^e à la ville de Saint- Emilion le ilx février, et les ha — -habitants de la juridiction se réunirent le 7 mars, afiir^^Ji de <( rédiger le cahier de doléances, plaintes et remon trances, et nommer leurs députés pour se rendre le 1 1 dudit mois , au parquet et auditoire royal de la sénéchaussée de Libourne'. » Le cahier fut rédigé et furent nommés députés Guadet fils, avocat; Les cure aîné, ancien jurât; Coste jeune, notaire, et Joui^:: dan, maître tailleur d'habits. Ce cahier, dont le rédacteur nous est inconnu , bien que peut - être nous -^^ pussions, sans trop hasarder, en rapporter Thonneu*^ ^'^ à lun des quatre députés de la commime , ce cahier disons-nous, embrassait d'un coup d'œil vaste l'ensemble des institutions politiques , et descendait , même temps, à toutes les mesures de simple administration qui pouvaient intéresser les citoyens ; iet abus existants y étaient signalés; les amélioration} possibles y étaient indiquées : c'était un travail digni
^ Reg. munie. 5 février 1789.
* Reg. munie. H y a trois pages de signatures.
^ Reg. munie.