TROISIÈME PARTIE
jue toutes ces ailées et venues ne s'effectuaient que le nuit.
Les trois autres représentants , Buzot , Barbaroux et Pétion revinrent bientôt aussi à Saint-Émilion , et î'est madame Bouquey qui les recueillit.
Les Mémoires de Buzot nous fournissent des détails curieux sur l'état de dénùment dans lequel se trouvaient alors les cinq représentans du peuple retirés i Saint-Emilion. Il examine les divers prétextes dont >n s'est servi pour les perdre, et entre autres celui ie s'être vendus aux puissanc.es étrangères, et dans K>n indignation il s'écrie : « Avec quoi nous ontîUes achetés? A quel prix? Oii sont les agents de ce tnarché? Où sont les traces? Dans nos biens, dans los habitudes, quel changement a pu donner des M>upçons ? »
ri Pour moi, dit-il, je ne possédais que l'héritage de Qoes pères, lorsque, après avoir pillé, volé mes petites propriétés, on m'a forcé de chercher ailleurs im isile contre la persécution et la mort. Nous partageâmes, ma femme et moi, avant de nous quitter, le peu qui nous restait d'assignats et d'argent, car, de ses propres effets , ma femme n'avait pu retirer une seule diemise, et moi , je n'avais que le peu de linge qu'elle
m'avait envoyé à Caen Pétion n'a rien; ce qu'il
avait en partailt était si peu de chose, qu'en arrivant à Quimper il vécut avec moi des fonds qui me restaient. Nous gardons précieusement, lui quatre
à cinq cents livres en argent, et moi cinq cent qu rante-huit en or, pour nos plus extrêmes besoin Voilà tous nos trésors; et certes nous n avons rie^^n dépensé pour nos commodités, pour notre aisance,^ d l'exception de deux vestes de laine et d'une culot^-te neuve, que la nécessité nous a fait acheter pour c^ ^t hiver. Nous portons les mêmes vêtements, déchiquetions ou rapiécés, que nous avions en quittant Gaen; I.cs . autres, en petite quantité, sont ou égarés, ou perdue, et les bas, les chemises dont nous faisons usage ne sont pas même à nous.
(( Ce sont les amis de Barbaroux qui lui ont prêté quelques assignats pour aller de Paris à Caen; là, des Marseillais lui adressèrent quelques secours, qu'il partagea avec une femme qui l'avait aidé lui-même, avec sa mère et Girey-Duprey. Aujourd'hui quatre-vingts livres en assignats et deux louis en or, deux paires de bas, autant de chemises et de mouchoirs, une mauvaise culotte, une veste d'emprunt et sa vieille roupe, composent sa garde-robe et toute sa fortune.
« Louvet avait gardé son habit de garde national et une redingote d'uniforme , quelques chemises , encore moins de bas, avec une culotte et une veste assez mauvaises. C'est dans ce pauvre attirail qu'il vient de nous quitter, avec cinq louis en or et cinquante livres en assignats qu'il possède pour, tout bien.
«Salles est encore moins fortuné que nous; il * laissé sa femme et trois enfants, dont un est à la to^'^
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