TROISIÈME PARTIE
mamelle, avec les trois cents livres qu*il possédait, dans une ville de Bretagne , où la charité d'un pieux ecclésiastique a bien voulu les recueillir. Â Quimper, il manquait de tout; un ami lui prêta quelques assignats dont il lui reste à peu près quatre-vingts livres, avec un mauvais habit, une veste et une culotte tombant de vétusté , qu'il recouvre d'un pantalon de grosse toile grise.
«Guadet, enfin Guadet en quittant Paris fut
obligé de laisser le peu qu'il avait à sa respectable femme près de faire ses couches, laquelle fût bientôt périe de misère, si ses parents ne lui eussent envoyé quelques secours. Us sont réduits maintenant au plus strict nécessaire ; les secours qu'on leur envoie suffisent à peine à leurs premiers besoins. Guadet a été obligé d'emprunter de quoi payer sa dépense de Paris à Bordeaux. H lui reste si peu qu'il n'a pu rendre à Barbaroux l'aigent que celui-ci lui a prêté. Cependant il est au milieu de ses proches , qui tous le chérissent et l'estiment; mais, peu fortunés eux-mêmes, et également persécutés, ils ne peuvent lui donner que ce qu'on partage aisément en famille, sans être en état de s'ôter rien pour lui ^ »
Ce sont bien-là ces mêmes hommes qu'on avait vus errer sur les chemins, vêtus de capotes brunes à revers rouges ou d'habits couleur vert passé , armés de cannes à sabre, des bonnets blancs sous leurs chapeaux à
^ Buiot, Mémoires, p. 36 et suivantes.