‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 135 sur 141 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Tallien avait quitté Bordeaux; Ysabeau seul restait encore dans la Gironde ; le comité de salut public lui fit un crime de sa modération et le révoqua. Un agent de ce comité fut envoyé sur les lieux ; il s'attacha au représentant, et ne le laissa plus respirer, u Malgré larrêté du comité, écrit-il \ Ysabeau est encore ici , et diffère son départ de quelques jours , je ne sais sous quels prétextes...» Le lendemain il s adresse directement à Robespierre : « Presse l'envoi du représentant qui doit venir remplacer Ysabeau ; qu il soit bon , ferme et révolutionnaire. On intrigue pour obtenir des signatures pour qu Ysabeau revienne ^. » Le lendemain encore : c Ysabeau ne part point malgré votre arrêté, il reste et il intrigue D importe, pour sauver Bordeaux, quun courrier extraordinaire apporte l'ordre du rappel positif et direct à Paris d' Ysabeau, pour ôter aux négociants l'attente de son retour après un congé dans les Pyrénées^.» Le lendemain, autre lettre : « Nous avons eu séance au club où Ysabeau a répété ses adieux déjà faits; et cependant il ne part point encore aujourd'hui'*. » Enfin le lendemain on écrit : « Ysabeau est parti ^. »

* Rapport de Courtois sur Robespierre; pièce justificative, n" 107 h; lettre du 11 prairial an 11 (3i mai 1794).

* Ihid. pièce n" 107 b: lettre du 12 prairial (1" juin). Ibid. pièce n° 107/; lettre du i3 prairial (2 juin).

* Ibid. pièce n° 107 /; lettre du i4 prairial (3 juin). ^ Ibid. pièce n" 107 (j : lellre du i5 prairial (4 juin).

Bordeaux fut placé dès lors sous la direction de l'agent du comité de salut public : « Nous allons révolutionner Bordeaux, écrit cet agent, et j'ai déjà un bon comité de surveillance ; mais c'est peu si les autres

corps constitués ne sont propres à le seconder..,

Plusieurs négociants s' étant retirés dans leurs campagnes , il importe que le comité de surveillance puisse agir dans tout le département ^ » Dans une autre lettre on dit : «La commission militaire, rétablie comme commission révolutionnaire, a besoin que quelques hommes y soient changés , et que la terreur ne tombe pas seulement sur les fédéralistes , dont quelques-uns à Bordeaux ont été de bonoé foi.... mais sur les aristocrates , les modérés , les intrigants et les fédéralistes avec connaissance de cause , dont plusieurs sont impunis^. » Enfin, dans une lettre postérieure , le même agent, jetant en arrière un regard satisfait, énumère avec complaisance les résultats amenés par ses soins : «Bordeaux s'épure et se régénère, dit-il; je suis content d'y être venu puisque j'ai opéré quelque bien, et impatient d'en sortir, car depuis trois ans de travaux ma santé s'est bien épuisée.... Je suis condanmé aux remèdes, pires que les doidem*s, et j'invoque ardemment le repos ^. » Plût au ciel que l'invocation eût été

^ Rapport de Courtois sur Robespierre, pièce n* 107/; lettre du i3 prairial an 11 (2 juin 1794).

« Ibid.

^ Ihid. pièce n" 107 i; lettre du 26 prairial (i 4 juin).

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