‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 136 sur 141 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

entendue I Peut-être alors lés esprits se fussent calmés à Bordeaux , et la guillotine se fôt arrêtée. Mais fl devait en être autrement.

On supposait les députés proscrits cachés dftis les kmnenses souterrains qui entourent Saint-Émiiion; on en paria k Tenvoyé du comité de salut public. « Il concerta de suite les mesures nécessaires pour faire cerner au même instant toutes les ouvertures des grottes pendant qu'on les fouillerait avec des chiens ^ » Deux individus furent envoyés pour prendre des infonrnations sur les lieux. Ces deux individus se rendirent d'abord à Libourne , auprès de l'agent national du district : de là ils allèrent à Sainte-Foy , (( où ils prirent dix patriotes décidés et à toute épreuve, qu'ils emmenèrent avec eux.*.. Marcou était du nombre avec ses chiens *. » Arrivés à Libourne , ils prirent avec eux un fort détachement du i o* bataillon du Bec-d'Ambès (de la Gironde), qui arrivait de la Vendée. Ils partirent dans la nuit avec quelques hommes du pays, et, au point du jour, toutes les carrières de Saint-Émilion , les maisons de Guadet père et de sa famille furent investies, sans que personne se fût aperçu de l'arrivée des troupes ^.

"Les carrières furent parcourues : des chiens y furent

' Lettre d'un membre dn district de Bordeaux, Moniteur do 10 messidor an n de fa répiiblique (98 juin 1794]. » Ihid, » Ibid.

lancés dans toutes les directions, comme si Ton eût chassé des bêtes féroces. De là les recherches s'étendirent sur toutes les maisons suspectes, a On les avait déjà toutes visitées inutilement, et Ton perdait l'espoir de rien trouver, lorsque Favereau et Marcou, qui avaient parcouru plusieurs fois la maison de Guadet père, s'aperçurent que le grenier était moins long que le rez-de-chaussée, lis y remontèrent, et, après l'avoir mesuré, ils se convainquirent qu'il y avait une loge pratiquée à l'extrémité, mais à laquelle aucune ouverture apparente ne communiquait. Bs montèrent sur le toit, et ils travaillaient à découvrir la loge lorsqu'ils entendirent rater un pistolet. Alors ils crièrent que ceux qu'ils cherchaient étaient là; et Guadet et Salles crièrent eux-mêmes qu'ils allaient se rendre, ce qu'ils effectuèrent ^ » Le père de Guadet, une lante, les domestiques furent aussi arrêtés et conduits à Bordeaux avec les deux députés.

Salles et Guadet étaient hors la loi; il ne s'agissait que de constater l'identité, w Quel est ton nom, dit-on au premier? — Salles, représentant du peuple. — Ci-devant représentant. — Non , représentant. » Cette réponse fit impression. Quand vint le tour de son

^ Lettre d'un membre du district de Bordeaux. L'auteur des Essais et variétés historiques sur Libourne a parlé de l'expédition de Tailien à Saint-Émilion et à Libourne, et de la fin tragique des Girondins. Il est difficile d'entasser dans quelques pages plus de pauvretés qu'il n'en a dit à cette occasion.

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