‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 139 sur 141 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

consoler la France , M. Troquart revint seul à Saint- Émilion.

Quarante-cinq ans plus tard , dans cette même ville de Saint-Emilion , le fds du roi des Français se faisait raconter par le fils de Guadet la fin déplorable des derniers Girondins, et lui exprimait la sympathie du roi pour ces martyrs d'une cause dont le triomphe est maintenant réalisé. «Que voulaient ces infortunés Girondins, disait le duc d'Orléans, ce que nous «avons aujourd'hui.

Cette visite de Théritier du trône laissera de longs et d'heureux souvenirs à Saint-Emilion. Longtemps les habitants de la pauvre ville aimeront à raconter leurs soins, leurs efforts pour voiler sa misère et ne laisser apercevoir que sa joie; longtemps ils rediront avec orgueil l'admiration du prince pour les vieux monuments de Saint-Emilion, pour son église monolithe, pour son vieux clocher gothique; ils rappelleront l'humble tente dressée au pied même du vieux clocher, et le goûter frugal, dont les vins, dont les fruits du pays ont fait seuls tous les frais ^

deux jeunes enfants. Robespierre, dit-on, avait recommandé expressément qu'on ne laissât échapper aucun membre de la famille de Guadet. ' Le duc d'Orléans, accompagné par M. le duc Decazes, vint à

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Et cependant cette misère, qui chaque jour assiège plus durement Saint-Éiniiion, semble le menacer d'une ruine complète et prochaine. Le temps est-il donc passé sans retour de secourir cette malheureuse ville?

Les officiers municipaux de 1793 Tout dit avec raison : Theureuse position de la ville, la salubrité de i'air qu'on y respire, les noceurs pures et tranquilles de sa population, les produits abondants et variés de son territoire , tout la rend propre à recevoir quelques-uns de ces établissements publics dont le bienfait semble destiné à ramener la vie aux lieux qu'elle abandonne; une école spéciale, par exemple, serait admirablement placée à Saint-Émilion ^.

Du reste, quel que soit le sort prochain réservé à ma ville natale, qu'elle revive ou quelle périsse, j'ai rempli mon devoir, j'ai fait pour elle tout ce qu'il est en mon pouvoir de feire. C'est à d'autres maintenant qu'il appartient d'agir.

Saint-Émilion, le 2 2 août 1 889 . (Voir le Journal des Débats , des 3 7 août et i** septembre iSSg.)

^ Autrefois les propriétés qui avoisinent Saint-Émilion étaient possédées par des babitants de la ville qui dépensaient leurs revenus sur les lieux; aujourd'hui ces mêmes propriétés sont, en grande partie, entre les mains d'étrangers qui dépensent ailleurs le revenu qu^elles produisent. C'est là un grand malheur pour Saint-Émilion , mais c'est une conséquence de la centralisation actuelle ; les petites localités doivent être dévorées par les grandes ; peut-être devrait-ce être pour Tadministration une raison de faire participer ces petites localités à tous les avantages dont elles pourraient naturellement profiter.

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