‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 15 sur 141 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Sur la voûte même de la nef sont dessinés deux anges dont les têtes occupent le sommet du cintre , et dont les pieds reposent de chaque côté sur le point où la voûte prend naissance. Ces figures, plus grandes que nature, ont chacune quatre ailes, dont les plus petites s'arrondissent autour de la tête, de manière à former des espèces d*auréoles. Leur vêtement est une tunique à plis serrés. Ces figures sont entaillées dans le rocher.

Toujours dans la même galerie , sur le côté droit et à la naissance de la voûte, on voit, incrusté dans la pierre , un centaure armé d'un arc d'où s'échappe une flèche; du côté opposé, deux chevreaux, disposés

celui de Saint-Émilion, qui se compose d'un ange, d'un vieillard et dnn quadrupède (car le monstre est quadrupède et non marin) soit la r^résentation du même sujet, c'est ce qu'on ne saurait concevoir. Mais, nous dit-on, ajoutez au bas-relief de Saint-Émilion une barque et un Jonas, supprimez l'ange, et la similitude sera complète. Puisqu'on était en si beau chemin , autant valait dire : ôtez votre bas-relief, et mettez l'un des nôtres à sa place.

Quant à la détérioration dont on parie, elle n'existe pas; le basrelief de Saint-Émilion est parfaitement conservé : il est si fortement constitué que lé temps ne peut avoir eu que bien peu de prise sur lui, et il est plàoé a uiie telle hauteur, que les accidents fortuits ne peuvent l'avoir détérioré.

Et d'ailleurs, n'est-il pas naturel de penser qu'au fond de la nef d'une église on a voulu représenter une image simple et sévère du jugement dernier, cette grande et constante pensée du christianisme, pensée empreinte sur la plupart de nos monuments religieux , bien plutôt que rappeler le souvenir d'une histoire bizarre, perdue an milieu des récits bibliques ?

dos à dos, sont aussi incrustés dans le roc. Faut-il voir là des signes du zodiaque , et reconnaître dans le centaure le Sagittaire , et les Gémeaux dans les deux chevreaux? Dans ce cas, sont-ce des signes placés là pour fixer quelque époque mémorable , par exemple les mois où se célébraient la fête et la commémoration du patron du lieu? On sait que ce procédé fut souvent employé pendant le moyen âge ^.

De cette église on communiquait à une espèce de crypte de forme singulière conduisant vers la grotte de saint Émilian. La partie de la crypte la plus rapprochée de cette grotte forme une espèce de rotonde, dont le dôme, assez semblable à un entonnoir renversé, est entouré d*un escalier en spirale. Tout cela est creusé dans la masse du rocher.

Long-temps, à ce qu'il paraît, T église monolithe de Saint-Emilion servit aux moines de lieu de sépulture , car les parois de cette église et celles de la crypte contiguë renferment un grand nombre de tombeaux.

^ L'un des piliers porte- une inscription qui devait rappeler autrefois Tépocpie où l'église fut dédiée à saint Emilian. Cette inscription a évidemment été tronquée, mais à une époque très-reculée, puisque Mabillon , qui la rapporte du reste d'une manière inexacte , n'en donne que ce que nous lisons encore aujourd'hui :

VII ÏD DiEÊÊB dEDIEÂEïO ...

SI. EMILIONIS

On a voulu par la configuration des lettres reconnaître l'époque où cette inscription fut gravée sur la pierre. (Voir la Notice de M. Jouhannet.) Il y aurait beaucoup à dire là-dessus.

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