‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 17 sur 141 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

alors sur TÂquitaine dans une lettre écrite au commencement du \^ siècle : « Sur presque tous les points voisins de Tocéan Gallique, les églises furent détruites , les villes saccagées , les monastères renversés. La rage des barbares était si forte que les chrétiens qu'ils pouvaient saisir, ou étaient faits esclaves aûn qu'ils se rachetassent, ou tombaient sous le glaive. Quelques-uns , après avoir souffert la plus affreuse persécution, abandonnaient leurs champs, leur patrimoine, et allaient s'établir dans les provinces orientales , tandis que d'autres préféraient périr sous le fer que d'abandonner le foyer paternel; un grand nombre enfin, dont la foi ne pénétrait pas

profondément le cœur adoptaient les impostures

des païens et s'associaient è leurs crimes ' ». Gomme c'étaient les monastères , les ^lises , que les Normands attaquaient de préférence, soit qu'ils y fussent portés par des sentiments de haine ou par l'espoir d'un riche butin, de toutes parts les moines désertaient leurs demeures et rentraient dans la vie laïque. Dans un

«dam bello praeferat dextram , suisque orbata luminibus, ducibus egeat «alienis? Etenim ipsa quoque optimosquosque genitalis soli in sese «elidens, patet nunc praeda gentibus alienis : ab ipso quippe (ut ita lo- «quar) Oceani littore, orientem versus, Arvemum usque, clarissimam «veterî tempestate Aquitaniae urbem, nuUa libeflatcm rctineire valuit « regio , non opidum aut \icus , non denique dvitas qua^ non strage fe* «rali ceciderit paganoruni.» (Adrevald. monac. Mirac. S. Bened. ap.- Bouq. tom. VJI, p. 3Go, C.)

' Epist. Ayii Vahrcns. abhalis. ap. Bouq., lom. Vfl, p. 66, nola a.

tel état de choses le monastère de Saint-Émilion ne pouvait être épargné par les barbares , ni ses moines se montrer moins que d'autres disposés à chercher leur salut dans la fuite.

Et il faut bien, en effet, que le monastère ait été ruiné et les moines dispersés, car, lorsque Thistoire nous montre de nouveau ce monastère, il est en la possession de laïques.

C'était le tenàps où la féodalité régnait avec le plus de force et d'empire sur toutes les parties de la Gaule , temps de désordre, de confusion, de violences, de pillages , où la force et l'audace tenaient lieu de règle et de loi. Dans ce pêle-niêle général , les monastères furent, comme tout le reste, au premier occupant, à celui qui savait prendre et garder.

Le monastère de Saint-Émilion se trouvait, vers la fin du xf siècle, entre les mains d'un vicomte Olivier, ainsi que nous allons le voir.

S IV

Restauration du monastère de Saint-Émilion, chanoines réguliers de

Saint-Benoît.

L'an 1080, l'archevêque de Bordeaux Goscelin fit rentrer sous son autorité et pourvut de religieux le monastère de Saint-Émilion. Voici en substance ce que porte la charte donnée à cette occasion ^ :

^ Voir cette pièce dans la Gaule chrétienne, tom.II, Instr. col. 323.

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