‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 19 sur 141 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

rées. A peine les" chanoines étaient-ils installés dans leur couvent ^ quun moine du monastère de Nanteuil-en- Vallée, au diocèse de Poitiers ^ fort du crédit du vicomte Pierre, son parent, tenta de les en expuL^ ser ; bientôt après , Tabbé du même monastère mit dans ses intérêts un moine de Saint-Florent, frère du vicomte, et, à force d'argent, obtint enfin Texpuision des chanoines qu'il remplaça par des moines de Nanteuil. L'archevêque de Bordeaux, informé du fait, frappa d'anathème et les moines et le vicomte Pierre , coupables d^ simonie , et fit rétablir dans leur couvent les chanoines, qui s'étaient retirés à Fronsac emportant avec eux le corps de saint Emilian ^.

Peu de temps après, fun de ces clianoines, qui se rendait au monastère de Saint-Denis, fut saisi en route par les moines de Nanteuil , et retenu en prison jusqu'à ce qu'il leur eût payé une rançon de 600 sous, ce qui ferait près de 30 mille francs de notre monnaie actuelle. Les chanoines se plaignirent, en 1097, ^^^ évêques composant le synode de Saintes et obtinrent satisfaction. C'est ainsi qu'ils racontent la chose dans une lettre envoyée par eux au pape Urbain^.

^ Le mot conventus était déjà employé , à cette époque , pour désigner un mona&tére. (Voir du Gange, au moi Conventus , 5.) . ^ Monastère de Tordre de saint Benoît, appelé Naniogelum» Nantoiiacum ou Nantolium in Voile,

^ Fronsac, au delà et très-près du confluent de Tlsle et de la Dordogne, à trois milles environ de Saint-Emilion.

^ Je ne connais cotte lettre que par ce qu'en a dit Mabillon. Le récit

Réforme du monastère. -— Chanoines réguliers de saint Augustin. — • Nouvelle église et clocher. — Frères prêcheurs. — Frères mineurs.

Les chanoines eux-mêmes, sous le rapport delà discipline , n'étaient pas sans reproche; ils s'étaient singulièrement relâchés de la règle monastique , et vivaient d'une manière tout à fait séculière, ce qui obligea, Tan 1 1 10, l'archevêque de Bordeaux, Arnaud Guiraud, à réformer leur monastère avec Tautorisation du pape, et à le placer sous la direction d'un abbé et sous la rè^e de Saint-Augustin : « Nous voulons , dit Tarchevêque, faire savoir à tous présents et à venir que, par la grâce de Dieu et le conseil de nos archidiacres et autres clercs de l'église de Bordeaux, nous avons constitué régulièrement l'église du saint confesseur Émilian. Après avoir convoqué un grand nombre de barons du pays, nous nous sommes transportés à ladite é^ise, et avons admonesté les clercs qui s'y livraient à une vie séculière , afin de les amener à reprendre les habitudes régulières , et à passer dans le

que je fais ici di£fère essentiellement de ce qu'on trouve dans le tome II des Annales de ce savant bénédictin , copié par les auteurs de la Gaule chrétienne. Mais Mahillon lui-même , dans le cinquième volume de son ouvrage, a modifié ce quil avait dit dans le deuxième : «Ex his, dit-il, « emendanda sunt nonnulla quae de ilio S. iËmiliani monasterio in se- - «cundo tomo dicta sunt. » (Annal, ord. S. Bened. lib. LXIX/cap. lxiv, tom. V, p. 38o. )

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