PREMIÈRE PARTIE
cloître une vie marquée par la continence et la piété , à militer sans cesse pour le Christ sous la rè^e de saint Augustin \ et à faire servir les biens de Téglise à de pieux et saints usages. Une partie d'entre eux, inspirés par Tesprit saint, accueillant nos paroles avec soumission et faveur, ont repris aussitôt la vie religieuse; si les autres n*ont pas suivi immédiatement cet exemple , ils ont donné du moins leur consentement à ce que d* autres prissent leur place dans le cloître. «Et aiSn que la nouvelle communauté fut régie avec plus d'autorité et de surveiUance, nous avons appelé du monastère de TÉter^, un honune de vie exemplaire, nommé Aimon, que nous en avons institué abbé. » Viennent ensuite les imprécations et les anathèmes contre toute personne qui tenterait de violer les prescriptions de la présente charte, et de troubler les chanoines dans leur personne ou dans leurs possessions. « flnfin , continue Tarchevêque , nous défendons, sous peine d anathème, atout archevêque, abbé, comte, vicomte, prince, à toute personne ecclésiastique ou laïque, d'oser changer ou détruire notre présente institution canonique ^. »
^ Cest-à-dire la règle donnée par ce saint à des religieuses d'Hippone dans sa ccxi' lettre (édit. des Bénéd.). Au commencement du xii" siède , il ne pouvait être question que de cette règle , et non des constitutions rédigées par les Augustins en 1 287.
* Monastère du diocèse de Limoges de Tordre de Saint-Augustin. (Voir Gall. ckiisL tom. II, col. 620.)
^ Voir cette charte dans la Gaule chrét. tom. Il, Instr. col. 324.
D'après la même charte, les dépendances de ïéglise de Saint-Émiiion étaient : la chapelle de Téglise avec tous les bénéfices appartenant à ladite église; révise de la bienheureuse Marie-Magdeleine, située sur le même territoire ^ ; Téglise de Saint-Jean de Fozèle'-^; régiise de Saint-Martin de Mazerac^; Téglîse de Saint-Pierre d'Armens ^; l'église de Saint-Geoi^ésde-Montagne ^ ; l'église de Saint-André ^.
Telle est la charte qui constitue définitivement le monastère de Saint-Émilion''.
Il paraît que, vers le même temps, les chanoines de Saint-Emilion abandonnèrent leur église .souterraine, et que, par les soins de l'archevêque Arnaud Guiraud, il fut construit, à leur usage, au sommet du plateau, une nouvelle église avec un cloître. Cette église ne se composa d'abord que de ce qui forme la
^ Aux portes de Saint-Emilion , dans le lieu qui porte encore le nom de la MagdeUine; on y aperçoit les fondements de la chapelle.
^ Aujourd'hui Saint-Jean de Libourne. (Voiries pouillés du diocèse de Bordeaux et ce qui sera dit ci-dessous sur Libourne.)
^ Dépendante aujourd'hui de la paroisse et de la commune de Saint-Emilion.
* Ou Saint-Pey d'Armens, à une petite lieue S. E. de Saint-Emilion. Pey est dans l'ancien gascon l'équivalant de Pierre.
^ Saint-Georges-de-Montagne à une demie lieue vers le nord de Saint-Emilion.
^ On a dernièrement découvert des restes de cette église dans une métairie qui porte encore le nom de Saint-André , commune de Montagne.
^ C'est de là que partent les auteurs du GaUia christiana pour donner la suite des abbés du monastère, et plus tard les doyens du chapitre.