‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 30 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ceux de Saint-Émilion ne s'exécutent pas en quelques mois ; ce sont d'immenses travaux quand on ne peut y employer que les ressources d'une petite localité. D'un autre côté, cette même clôture est évidemment postérieure à l'an 1 1 1 o, époque où put s'élever l'église coll^ale de Saint-Émilion, car il est facile de voir qu'on a fait fléchir en un angle saillant la ligne du fossé et du mur de ville, pour ne pas entamer le coin occidental de cette église.

Comme dans le cours de cet ouvrage il sera question très-souvent des fortifications de Saint-Emilion , qu'il me soit permis d'en donner ici une description succincte.

La ville de Saint-Émilion, nous l'avons dit, fut construite en partie dans le fond d'un vallon, en partie sur le versant d'une colline disposée en forme de fer à cheval , et en partie sur la lisière du plateau.

Tout autour de la ville des fossés furent creusés dans le roc à une profondeur de vingt à trente pieds, sur une laideur de cinquante à soixante. A fleur du bord intérieur de ces fossés , des murs s'élevèrent à une hauteur de vingt-cinq à trente pieds au-dessu9 du sol de la ville, c'est-à-dire de quarantencinq à soixante du côté de la campagne : leur épaisseur fut de cinq à sept pieds. Ils étaient surmontés, dans toute leur étendue, de larges remparts crénelés, saillants des deux côtés, et armés à l'extérieur de mâchicoulis; ils étaient elicore défendus par des tours placées de dis*

tance en distance. Leur développement total , en longueur, était de quinze cents mètres environ, ou un tiens de lieue.

On entrait à Saint-Émilion par six portes , savoir : la porte Boui^oise au nord; la porte Brunet au levant; au couchant, les portes des Chanoines et de Saint- Martin; au naidi , la porte Bouquère ou Bocquère et la porte Sainte-Marie. Ces portes, d'une épaisseur douMe de celle de la muraille , étaient surmontées de larges toims carrées, et protégées par des meurtrières et par des machicotdis. Cinq apparteilaient à la partie supérieure de la ville; la porte Bouquère seule ouvrait sur le vallon.

Les portes de Sâint-Ëmilion étaient liées par des terre-pleins (la porte &*unet et la portes des Chanoines en conservent des traces) à deux tours parallèles, élevées dans le fossé même. Un pont-levis faisait communiquer ces tours avec la campagne.

La porte Bourçeôise, porte principale de la ville et la seule qui eut un guichet, communiquait avec la campagne «u moyen d'une chaussée pratiquée en tcavers du fossé. Cette chaussée était flanquée, à droite et à gauche, de hautes et fortes murailles qui se terminaient à deux tours parallèles , destinées à défendre l'entrée de cette espèce de pont. Ces tours, de forme ronde , s'élevaient à une hauteur de quarante pieds environ , et leur hase plongeait à une profoauleur à peu près égale, où se trouvait un conduit

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