DEUXIÈME PARTIE
aîné du duc de Guienne, y fit construire une ville qu'il dota d'une commune, mais le territoire de Fozera n'appartenait pas entièrement au duc, car on voit, en 1274, Guillaume Amanieu, chevalier de Bourg, et sa femme, donner à ce même Edouard, devenu duc de Guienne, premier du nom, tous lem's droits dans le péage du port de Fozère ou de Liboume. L'an 1278, le même Edouard fit don des châteaux de Castillon et de Gurzon avec leurs dépendances, excepté Liboume, à Jean I*, sire de Grailly, vicomte de Bénauge. Ce n'est que de cette époque que Libourne figure fréquemment dans les chartes des ducs de Guienne : la neuvième année de son règne (1281), Edouard veut que Libourne soit fortifié; en 1290 il donne à Arnaud de la* Gaze les villes et prévôtés de Libourne et de Villefrancbe ^ Dans une charte , Pro majori et probis hominibns villœ
' L*auteur des Essais et variétés historiques sur Liboume s*e(Torce de faire remonter Torigine de cette ville jusqu'au temps de César : là aurait existé, à cette époque, une colonie de Liburniens, peuples de la mer Adriatique, et, au temps d'Âusone, Leihurna aurait été un gros bourg éparpillé, se confondant avec Condates portas. L'auteur cherche ensuite à démontrer qu avant Charlemagne les églises de Saint-Thomas et de Saint-Jean existaient déjà dans le lieu occupé aujourd'hui par Liboume; puis il revient sur cette idée de la confusion de Liboume et de Condat, s'appuyant sur la dénomination de CondatleS'IÂhourne , qu'il trouve dans une mauvaise traduction d'une charte 41Édouard V (et non pas d'Edouard II) : tCe nom, dit-il, est composé de deux mots propres à retracer l'ancienneté de la ville ouverte qui existait avant que la Guienne ne devint une propriété des rois d'Angleterre. » Remarquez que les chartes signées à Condat par le duc de
Leibomiœ, de Tan 1292, il est prescrit à cette ville d'avoir une barre [barra) pour fermer sa porte. (Voir le Catal. des rôles gascons. )
S IV
Privilèges et franchises de la commune de Saint-Émilion. — Saite de
son histoire. — (1289-1 45] ].
Les ducs d'Aquitaine étaient en possession paisible de leur duché ; ces princes rendaient sans diflBcuité' l'hommage qu'ils devaient aux rois de France , et les rois de France , de leur côté , se contentaient d'exercer leurs droits sur le duché d'Aquitaine. Ce temps de calme permit aux ducs de s'occuper du gouvernement de la province.
Saint-Émilion étant regardé comme une place importante; ils voulurent se l'attacher, et pour cela ils lui accordèrent de nombreux privilèges. L'an 1289, Edouard P' octroya aux magistrats municipaux la haute , moyenne et basse justice , à l'exception de quelques cas particuliers : ces cas étaient les crimes emportant peine de mort, les affaires concernant les étrangers, dont le prévôt du lieu devait seul connaître (car il y avait un juge ducal à Saint-Emilion); les outrages faits par des bourgeois de la ville au duc et a ses officiers étaient jugés parle sénéchal de Gascogne.
Guienne portent Condai près Libourne, prope ou jaxta Leibome, (Voir Catal. des rôl. gasc. xvii* année d'Edouard I*', etc.)