‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 38 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Les limites du territoire dans lequel devaient s'exercer les pouvoirs judiciaires des magistrats municipaux de Saint-Émilion étaient très-étendues : c'étaient au sud et au nord , la rivière de Dordogne , devant Branne, et le ruisseau de la Barbanne; c'étaient, vers l'orient, Persac, Puy-Blanquet , etc. au couchant, le ruisseau de Taillas et le gué de Leyrac^ Cette circonscription avait plus de trois milles dans tous les sensuelle comprenait neuf paroisses , savoir : Saint-Emilion, Saint -Martin, Saint -Sulpice, Saint -Laurent, Saint- Christophe, Vignonet, Saint -Hippoly te, Saint-Peyd'Ârmens et Saint^Étienne-de-Lisse ^.

Une guerre étant survenue entre le roi de France , Philippe IV ou le Bel, et Edouard I* duc d'Aquitaine , il s'en suivit des négociations, qui, l'an 129/i, laissèrent aux mains du roi de France la plus grande partie du duché , et notamment Bordeaux et le Bordelais. Philippe accorda à la ville de Saint-Emilion plusieurs chartes^, dont l'une, entre autres, de l'an 1296, nous apprend des circonstances nouvelles : le roi veut que

^ Les lettres patentes de laSg fiirent plusieurs fois confinnaées par les ducs de Guienne, notamment en i34i par Edouard III, et en i356 par son fils, le prince de Galles. La charte et les confirmations existent aux arcbives de Saint-Emilion. Voir pièces justificatives, n"* 5..

* Jusqu'au temps de la révolution française, la charte de 1289 ^^ termina le territoire soumis à la juridiction des magistrats municipaux de Saint-Emilion.

' Il en existe cinq de ce roi aux archives de Saint-Émilion ; quatre portent le caractère fiscal de ce règne; une seule est imprimée dans la grande Collection des ordonnances des rois de France.

ies bourgeois de Saint-Émflîon continuent d'élire leur maire comme par le .passé , en le faisant confirmer, suivant Tusage, par le sénéchal de Gascogne ^

Philippe le Bel resta pendant dix ans en possession du Bordelais , et c'est dans l'église de Saint-Émilion que, l'an i3o3, fut faite par les commissaires du roi la, restitation du duché de Guienne au comte de Lincoln, recevant pour le roi d'Angleterre^, en présence de plusieurs personnes nobles et non nobles de Saint-Emilion et des villes et lieux circonvoisins'.

Edouard II signa plusieurs chartes qui confirment les privilèges de Saint-Émilion ou en accordent de nouveaux; ainsi, en i3i2, il confirme aux jurats et aux cent pairs de cette ville le droit d'élire leur maire *.

^ Ce roi accorda, la même année, le même privilège à la ville de Bordeaux : « Philippe le Bel, en faveur des Bordelais, et pour attirer à soi leur cœur et amitié, confirme aux maire et jurats de ladicte ville par son édict, duquel Toriginal latin est pour le jourd'hui conservé religieusement au trésor de la ville, la justice baute, moyenne et basse, quils souloient avoir, tant en ladicte ville que banliefve d'icelle, se réservant toutefois la souveraineté et la jurisdiction civile entre les étrangers qui se souloient exercer par le prévost de Tombrière. » (De Lnrbe, Chron.)

^ Pièces conservées parmi les manuscrits de la Bibliothèque royale» Suppl. franc. ^7. Les pièces relatives à cette restitution sont an nombfe de trois.

^ « Gongrcgatis in ecclesia beati Emiliani .... quibusdam nobillbns • et îgnobilibus vUlse Sancti-Emiiiani , villarum et locorum circumvici- « norum. »

^ Cotai, des rôl. gascons» yi* année d'Edouard II. Quant aux centum pares , voici ce qu on trouve dans du Gange : « In regesto constabulariae

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