DEUXIÈME PARTIE
quant aux frères mineurs ,- c'est fan t383 que leur gardien^ reçut T autorisation de bâtir une maisoD, une ég^e et un cloître dans Imtérieur des murs , pores de la tête du pont de Bravet, prope cc^ut pontis de Briweto^, aujourd'hui Cap-dïhPont Ces faits et ces dates nous sont fournis par le Catalogue des rôles gascons; les annales des frères mineurs nous donneraient d'autres dates pour les mêmes faits, et nous apprendraient une circonstance que nous laisse igno^ rer le Catalogue , c'est que le couvent situé hors de la ville avait été détruit par les magistrats de Saint-Emilion , à cause des guerres eid&tantes entre les rois de France et d'Angleterre ^. '
La même année, i3Ai, la ville de Saint-Émiliott reçut plusieurs concessions, peut-être comme dédommagement de ses maux et comme rémunération de sa fidélité. L'une des chartes de cette année étabUt quïl ne pourra être transporté de vins de Castillon et de
^ On appelait jfaralieFi, chei les frèret mineur», celui qu*Q& ^ipelait abhé dans les autres monastères.
' Voir CataL des rôl gascons, Yi* année de Richard II.
' AnnaL minor. auct. Waddiago Hibemo, tom. YII, p. 307, et tom. Vin, p. 3oi. V&uteur donne les dates de 1 343 et 1 3^4 , qui sont eelies des bidles obtenues par les frères , conmie le montre la formule Devotionis vestrœ, etc. qui termine chacun des passages dont nous paflans. Voici le dernier de ces passages : • Goncessa hoc anno facultas tguardiano et fratribus S. Ëmiliani, Burdegalensis dicscesis, ut domom < saam intra vilke muros sdificarent, quia quam diximua extra sitam « destructa est a rectoribus villaB propter beila qu«.inter Gallise et An^iie «reges vigebant.»
Guitres vers Saint-Émilion et Libourne, par eau ou par terre , qu après la Saint-Martin d'hiver, sous peine de confiscation de ces vins ^. Par une autre , Edouard garantit à la ville de Saint-Émilion , à la demande de ses ofificiers municipaux , qu'elle restera annexée à perpétuité à la couronne d'An^eterre sans pouvoir jamais en être séparée : a corona regni Angliœ segregari nonpoterit^. Les années suivantes vsdurent encore de nouvelles prérogatives à la même ville ^.
Nous voyons encore , l'an i SSy, Edouard III prendre sous sa protection et sauvegarde spéciale lès bourgeois de Saint-Émilion , leurs femmes et leurs familles, leurs propriétés, leurs firanchises, coutumes, libertés et privilèges, ainsi que les marchands qui
^ Àrch. de Saint-ÉmUion. La même faveur avait précédemment été' accordée à la ville de Bordeaux, relativement aux vins qui devaient descendre la Garonne. Ces prérogatives se maintinrent très long-temps.
^ Cette cbarte est relatée dans une autre de Tan i536, qui la confirme. (Arcli. de Saint-Émilion. Voir aussi Rymer, Act. puhl. tom. II, part. III , p Lxxxix.) La ville de Bordeaux , à la demande de ses officiers municipaux, avait reçu la même assurance en i3i6.
Il y a quelque chose d'étrange, il faut Tavouer, à ce que Edouard m attache à jamais à sa couronne d'Angleterre des villes de son duché d'Aquitaine. C'est une confusion de tous les principes du droit puUic alors en vigueur.
^ Par exemple, en i343 Edouard III établit, en faveur de Saint- Émilion, une exception au droit donné au vicomte de Bénauge et an captai de Buch , dé lever, sur les marchandises conduites dans les districts de leurs dépendances , une taxe pour l'entretien des fortifications situées sur les limites du pays. ( Arch. de Saint-Émilion. ) Le captalat de Buch est un petit canton de Gascogne, dont la principale ville, Têtede-Buch, est située à douze lieues sud-ouest de Bordeaux.