‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 45 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Si nous considérons les magistrats municipaux de Saint-Émilion comme officiers de police, nous les verrons investis du droit de faire des règlements et chaînés du soin de les appliquer. Â ces attributions se rattachait dès lors tout ce qu on regarde aujourd'hui comme du domaine de la police : la répression des délits, les mesures d'ordre et de salubrité, la surveillance des cabaretiers, des boulangers, des bouchers; la police des foires , des marchés ; la vérification des poids et mesures , etc. etc. ; et cette police parait avoir été très-bien faite ^ . La police des magistrats de Saint-Émiiion avait un autre objet distinct : elle réglait tout ce qui concernait l'exploitation des biens ruraux : on ne vendangeait, on ne coupait les blés ou les foins que lorsque les magistrats avaient permis de le faire; les bestiaux, leur nombre, leur aménagement, rentraient aussi dans les attributions des magistrats 2; Touverture et la clôture des chasses étaient également de leur ressort.

Quant à la justice, le registre de i&58 contient la suite des jugements rendus par les magistrats de Saint- Emilion, depuis le mois de juin 1 458 jusqu'au mois de décembre lASg (sauf quelques petites lacunes). Dans cette collection figurent toutes sortes d'affaires,

(Reg. manie, de 1 458-1 469, passim.) Voir II* partie, section m, S M, n* 2.

^ Voir Reg. munie. i458, passim, et surtout les Statuts munie, de l'an i486, pièees justificatives, n** 8.

* Ibid. passim, et Statuts munie, de i486, pièces justificatives, n* 8.

affaires de police, affaires civfle&, affaires crimineiles; toute espèce de justiciables, laïques ou ecdésiastiques^ nobles et bourgeois.

Cétait ordinairement le maire qui présidait fc tribunal , où siégeaient avec lui un certain nombre de jurats; le maire était quelquefois remplacé par le sou»maire ou par un lieutenant ^; dans les cas graves, le maire et les jurats s'entouraient d'assistants, qui paraissent avoir pris part aux délibérations. Ces as8&^ tants étaient des prud'hommes, des jurisccmsultes ^. Il y avait audience deux fois la semaine , te mardi et le vendredi *.

Les affaires s'instruisaient, se plaidaient, se jugeaient devant les magistrats de Saint-Émilion comme devant tous les autres magistrats de ces temps4à. Les parties comparaissaient en personne ou par procureurs*.

Les jugements étaient inscrits sur un registre, quelquefois avec. l'exposé des faits, mais le plus souvent sans aucun détail : Un tel a été condamné à payer telle somme à un tel ^. Du reste , ils étaient transcrits

^ « Audit jom, nos maior tenguorem eort — Audit jom e an sttsdit, « nossotzmager, en absantia de mossenhor io mager, tenguorem eort-— t Audit jorn e an susdit , nos , lot tenent per mossenhor lo mager absent, « tenguorem cort. »

^ Vrâr page ci-contre le jugement qui bannit Vidalle Gaussen conone sorcière.

^ Reg. munie. i458-i4S9, passim.

* Ihid. .

^ Ibid.

Page 1