‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 47 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

prier les magistrats de trouver un moyen d'empêcher leur père et beau-père de vendre, aliéner, donner ou transporter ses propriétés sans leur consentement, à cause de sa grande ignorance ^ ; les magistrats défendent, en effet, au vieillard de vendre ou aliéner aucune chose de quelque manière que ce soit, déclarant nul et de nulle valeur tout ce qu'il ferait sans le consentement de son fils, de- sa fille et de son gendre. Cet exemple montre qu'alors la justice allait vite en besogne.

Du reste, nous voyons, dans le registre des années 1&58-1&59, de nombreuses amendes de 10 sous, d'auti^es de 3 livres 5 sous, d'autres enfin de 10 livres, en monnaie ayant cours à Bordeaux 2.

ni. MUices. — Dire commune, c'est dire milice : dès qu'une commune formait une espèce de république ayant des lois, des magistrats, il fallait bien, en effet, qu'elle eût aussi une force armée pour faire exécuter ses lois et respecter ses magistrats. D'ailleurs, ces fossés, ces murailles, ces tours, derrière lesquels on se retranchait, demandaient nécessairement une milice. Aussi plusieurs chartes dont nous avons déjà parlé , et quelques autres dont nous parlerons dans la suite, prouvent que Saint-Emilion eut, en effet, ses milices, et pour maintenir Tordi^e inté-

^ Reg. munie. 4 mai idSg.

^ Ibid. 8 septembre 1 458, etc.

rieur, et pour repousser les agressions extérieures. N'avons-nous pas vu qu'en 1 889 Saint-Émilion entretenait des hommes d'armes et avait déjà de l'artillerie^?

Nous savons peu de choses sur l'organisation et la discipline des milices communales en générai. Les anciens monuments qui en font mention ne sont pas entrés dans de grands détails; et les archives de Saint-Émilion sont à peu près muettes à cet égard, auj moins pour le temps dont il s'agit ici, car elles contiennent plusieurs pièces curieuses relatives aux temps postérieurs.

IV. Revenus pmblics, — D y avait pour Saint-Émilion plusieurs sources de revenus.

L'administration de la justice Bit probablement la plus productive. Le greffe était affermé, et nous voyons qu'en i458 la ferme se fit au prix de 80 livres ^ ; il y avait de plus des amendes dont une partie entrait assez ordinairement , comme nous l'avons dit, dans les coffres de la vflle. Par exemple, toute infraction aux ordonnances de police munici- . pale était punie d'une amende au profit de la coin* mune.

Le vin vendu en taverne payait un droit, et ce droit, qui était aussi affermé, rapporta 80 livres

^ Voir part. II, sect. i, S iv, p. 69.

^ Reg. munie. 8 et 1 4 septembre 1 458.

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