‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 48 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

en 1 458 ^ Ces fermes se faisaient à ia criée et au plus offi:ant; en sorte que ia ville en retirait à peu près tout ce qu elles pouvaient produire.

Nous savons, par une charte de Tan i358, que, dans les foires et marchés, les magistrats municipaux levaient ordinairement sut* les maixhands étrangers un denier sterling par chaque tahle dressée. Saint- Émilion avait quatre foires par an et un marché par

semaine ^.

Enfin la connaissance des poids et mesures, accordée aux magistrats locaux, était encore une source de revenu, comme cela résulte de la charte de 1 358 ^.

Tous ces droits formaient les revenus ordinaires de la commune ; car il était pourvu par des mesiures par-

ticulières aux bescnns exceptionnels.

V. Prévôt. — A côté du pouvoir municipal se montre constamment à Saint-Émilion , depuis les premiers temps de T existence de la commune, un officier ducad avec le titre de prévôt de la ville et jurisdiction de Saint-Émilion. On sait que, dans plusieurs provinces de France, on appelait prévôts, prœpositi, les juges royaux ou seigneuriaux, que, dam d'autres, on nommait châtelains, viguiers, etc. : c'étaient des juges du premier degré.

^ Reg. munie. ïoco citât.

* Voir part. II, sect. m, S ii, p. ni.

' Voir ci-dessus, p. 69.

Il est souvent question dans nos chartes des prévôts de Saint-Émilion ^ Par exemple, Tan i358, les magisU^ats municipaux et la commune entière se plaignirent au duc de Guienne , Edouard III , du prévôt Raymond de Pelagrue, quils accusaient de violences, d'extorsions, de tyrannies. Ce prince ordonna une enquête, et prescrivit au sénéchal de Gascogne de révoquer le prévôt si les plaintes étaient fondées^.

Les prévôts de Saint-Emilion exerçaient leur jurisdiction sur le même territoire que les magistrats municipaux. Quant à leur compétence, elle formait, pour ainsi dire, le complément de celle des officiers consulaires. Ainsi ils connaissaient des causes emportant peine capitale et des affaires où se trouvaient intéressés des étrangers , ce qui les faisait quelquefois désigner sous la dénomination déjuges des forains.

Nous possédons le procès-verbal de réception d'un prévôt nommé en lASg, par le roi Chaiies VII. Ce procès-verbal porte en substance que noble homme

^ L an 1 3o7 Edouard II fait prévôt de Saint-Émilion Eïie Scarlette ou Ëscariatte; Tan i3i7, Grimold deia Batud; Tan i33i, le même poste était occupé par Huges de Gevaudau (voir Cotai, des rôL gasc, i" et 9* année d'Edouard II , et 5' d'Edouard III), l'an 1 358 , par Raymond de Pelagrue ( Arch. de Saint-Emilion). De i384 à i434, on voit quatre prévôts différents à Saint-Émilion : trois sont anglais si Ton en juge par leurs noms : Gifrewas, Clyfford et Jawert. Le quatrième se nommait Jean de la Het (voir Catal. des rôl. gasc. 8* année de Richard II, 8' et 9* de Henri IV, 3% 1 1' et 1 2' de Henri VI).

^ Arch. de Saint-Émilion.

Page 1