DEUXIÈME PARTIE
dans le Bordelais , et non-seulement entre nobles et hommes d armes, comme on disait alors, mais encore entre gens de condition infériem*e. L'histoii'e a conserré le souvenir et les noms de deux vieillards , Tun marchand et l'autre tableur d'habits de Bordeaux, qui firent exprès le voyage de Nottingham , en 1 407, pour aller se battre devant le roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine , parce que le tailleur imputait au marchand des propos séditieux. L'un et l'autre se comportèrent si vaillamment dans cette occasion , malgré leur grand âge , que le roi crut devoir les séparer et donner publiquement des éloges à leur valeur.
n faut remarquer toutefois que, dans la loi bordelaise comme dans la plupart des lois du moyen âge, le système des compositions pécuniaires adoucissait on peu la rigueur des dispositions pénales. Ces compositicms , qui étaient surtout applicables aux injures et aux voies de fait , étaient multipliées ; elles étaient diversifiées autant que pouvaient l'être les délits, et se mesuraient sur la qualité de l'injuriant et de l'injurié« « A regard des plaies ou des coups , dit la coutume, le maire ou les jurats doivent considérer l'état des personnes, et leur vie, et leur renommée, et leur métier; et, si les coups ou les plaies sont prouvés par deux témoins dignes de foi , bourgeois et habitants de la ville, le coupable sera condamné à une somme d'argent, outre l'amende, et payera le médecin et toutes les journées, si le battu est homme de métier, et fera
. amende honorable ^w Nous trouvons dans la coutume un autre cas remarquable de la distinction des
• personnes; elle établissait que la félonie du seigneur envers son sujet était plus grave, et devait être plus sévèrement punie que celle du sujet envers le seigneur ^.
Enfin, par une disposition observée encore aujourd'hui, il était défendu à toute personne de reprocher à qui que ce fût une punition subie , sous peine de 5 sous d'amende au profit de Toffensé, et de i5 soùs au profit de la ville ^.
S III
Langue vulgaire.
La langue parlée dans le Bordelais , là langue même des actes locaux, tels que coutumes, statuts, règlements, transactions , était le patois gascon.
Originairement ce patois ne forma , selon nous , avec l'espagnol qu une seule et même langue. Cette identité nous paraît s'être conservée jusqu'au vm* siècle, peut-être même jusqu'au ix®; et au xin* siècle encore les deux langues conservaient entre elles une analogie telle, qu'il était facile d'y reconnaître cette commu-
1 S XIII
2 S XLVIll.
3 s xxxvii.