‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 62 sur 141 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

en son stup-conduit et' en sa en su salvocondiicto y en su

protection , et totas laa marcan- proteccion « y todas sut merca-

darîas caûsque sian , o vins , o derîas (palesque sean, 6 vino, 6

autras causas que lurs sian, per otras cosas que sean suyas , por

mar o per terra, en calque loc mar 6 por tierra, en qualquier

que sian anans et vinens et es- higar qae anden 6 vengeât é

tans, en calque maniaque i^on^enqualquieramaneraque

sian , et las naûs , eus hancors , sean , y las naves, las ancoras ,

eus menadors de las naûs et los conductores de las naves y'

totz los apareils de las naûs , todos los aparejos de las naves,

et totz aquetz homes de cal- y todos los hombres de qual-

que part que sian que per quiera parte que sean que para

bs vins , ni per las autras mar^ los vinos, 6 para otros mer-

candarias, ni perlas autres ne- cadenas, 6 para los otros ne-

gocis, iran ni vendran a Sent- gocios îron 6 vçndran d San-

Melion , etc. Melioo , etc.

ment, sons son sauf-conduit et sa protection, et toutes leurs marchaniMses quelconques , vins ou autres choses , à eux appartenant, sur eau ou sur terre, en quelque lieu qu'elles soient ou qu'elles aillent, ou de quelque lieu qu'elles viennent» de quelque manière que ce soit , ensemble les bar(|ues , les ancres , les conducteurs des barques et tous leurs apparafux, et tous les hommes de quelque lieu qu'ils soient qui , pour affaires cie vins, ou autres marchandises, ou pour toutes autres affaires, iront à Saint-Emilion ou en reviendront, etc.

Voilà bien certainement une analogie complète; ij y a là des substantifs, des verbes, des adverbes, ^t la même analogie se retrouve partput. Les substan- 'tûfii, non-seulement sont les mêmes dans les deux langues, mais encoi^ se déclinent de la même ma-

nière; les adverbes, mots indéclinables, sont également les mêmes dans les deux langues; enfin les verbes se distribuent dans les deux langues en trois conjugaisons , en or, en er et en îr. De plus , comme l'espagnol, le gascon avait deux verbes pour exprimer aller; car on trouve ci-dessus anaris à vinens et iran ni vendrait : voilà les deux verbes espagnols îr et andqr. Ce fait est très- remarquable.

Et fl faut observer que cette analogie serait plus grande encore dans la langue parlée que dans la langue écrite. Dans les deux langues, les lettres b et V se prononcent à peu près de même, et se mettent fréquemment l'une pour l'autre; ainsi, on trouve dans la pièce que nous citons aver et aber, en espagnol habery avoir, mot qui diffère à l'œil, mais qui, à la prononciation, est le même. On sait, du reste, que, dans les deux langues, les nasales m et n ont le même son; il faut en dire autant de la diphthongue aà.

Enfin, quoique la langue espagnole ait subi, depuis le xni* siècle , moins de changement que quelques autres langues, que le finançais par exemple (parce qu'étant restée plus rapprochée de sa base , la langue latine, elle a été fixée plus tôt), nous voyons cependant que cette ancienne langue espagnole était beaucoup plus près encore que l'espagnol actuel du gascon du xin* siècle. Ainsi nous avons traduit la phrase gasconne : en calque maneira. qaefeit U agossan par celleri : en quaUfaièra manera que lo hubiessen hecho. Autre-

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