DEUXIÈME PARTIE
fois on aurait mis l'auxiliaire haber après le verbe qu il accoY;Dpagne , et on aurait dit sans doute , conune en gascon : que hecho lo hubiessen^. Le verbe espagnol correspondant à notre xerhe faire s écrit aujourd'hui par un A, hacer; il s'écrivait autrefois par un /, /acer, ce qui le rapprochait beaucoup plus du verbe gascon correspondant. Nous pourrions citer bien d'autres exemples encore dans le même sens.
Les mots maior ou mager, maire; cumunia, commune; prodomes, prud'hommes, n'ont pas été traduits par nous , faute de mot espagnol correspondant : mais cela, du reste, loin de heurter notre système, le confirme, au contraire. Ces mots, en e^et, se sont formés dans la langue gasconne postérieurement au temps où les deux peuples commencèrent à vivre isolément.
En résumé, les passages rapportés ci-dessus appartiennent évidemment à deux langues sorties d'une Source commune, et je ne crains pas de dire qu'il y a moins de difiFérence entre ces deux langues qu'il n'y en a entre le gascon du xiii* siècle et le gascon du XV* , tel que nous le retrouvons dans plusieurs actes de ce temps, ou entre ce gascon du xv* siècle et le gascon de nos jours, ce qui est une preuve sans réplique en faveur de notre opinion.
* Voir Gramm. de la Ungua castili part. I, cap. vu. Cervantes employait encore cette façon de parler.