‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 83 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

De plus, en entrant dans la ville, les soldats s* étaient emparés des clefs des portes; et, pendant leur séjour, ils ennipêchèrent étrangers et habitants d'entrer et de sortir, tandis queux-mêmes couraient par troupes dans la banlieue, commettant les mêmes horreurs qu'ils avaient commises en ville.

Et comme ces terribles hôtes ne faisaient mine de vouloir déloger,' le pauvre maire, incité par les clavneurs , doléances et lamentations populaires, leur députa des gentilshomme, tant de la juridiction que des juridictions circonvoisines «pour intercéder et moyenner leur département ; à tout le moings que lesdicts souldards fussent plus modestes et tempérés , ce qu'il leur demanda lui-même, incliné à genouils devant eulx. » Mais les capitaines ne consentirent à s'éloigner que DEioyennant seize cents écus comptants, «laquelle somme, dit le maire, fusmes contraincts, pour le sol- Is^ement et descharge de ladicte ville , leur accorder et promectre , à condition qu'il nous promettoyent Faire rendre et délivrer tous les meubles qu'avoyent esté ravys, comme l'argent et toute manière et espèces d*aultres meubles. » Et comme la somme n'était pas prête , la ville offrit « bailher pour otage cinq des plus principals marchands de ladicte ville. » Mais les capitaines les refusèrent.

Enfin le 26 du mois fut payée une somme de 1 ,960 livres, avec promesse de payer le surplus à Bordeaux, entre les mains du capitaine Montgeval; alors

seulement les compagnies quittèrent Saînt-Émflion ;

mais, au lieu de rendre les meubles comme il avait

été convenu, les soldats les emportèrent à Libourne,

à Guitres et à Coutras , où ils les vendirent à vil prix; ^

et pour ce faire «enlevarent encore aux habitants -^^s

plus de cinquante montures, comme chevals^ juments -^s-s

et asnes. »

Ces malheureux habitants furent tellement dé —

pouiUés quil ne leur restait même plus de quoi se^^'Sse vêtir. «Ils n'ont en leur puissance, dit le maire, qu les simples accoustrements, soyent hommes et fem mes, qu'ils portent à présent, voire que la plusparlP"':^*^ vont en porpoinct, et les femmes ne sont habillées^ ^^ es que de quelques légiers habillements.» Nous avonss-^^*iS dit qu'on était au mois de février.

Le maire fit des plaintes; mais dans ces lemps-là&-t-là les plaintes pouvaient-elles être écoutées? H y auraif-i-^^it eu trop à faire. Seulement , ^r les 2 ,85o livres que 1^X1 ia ville devait payer encore, elle ne donna que 45o U-iJivres, Montluc ayant fait défense au capitaine Mont-:^^-^*geval (( de faire aulcune question ne demande du res- ^^stant de ladite somme de 1 ,600 escus. »

L'année iSôg fut également désastreuse pour Saint-Émilion : après les catholiques vinrent les huguenots , qui mirent le siège devant le ville ^ Mais , a

^ IHaintes et remontrances de l'an 1 67 5, Pierre Bouquey étant maire B. Peyrin, P. Giraud et F. Barbot, jurats. Les quatre jurats étaient en 1669, M. Bernard, P. Saulnier, P. Bouquey et J. Voynn.

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