DEUXIÈME PARTIE
civiie , et révéler aux ennemis les forces et les moyens du pays; îl conviendrait donc que les supemuméraires fussent supprimés et remboursés de leurs finances sur les deniers et revenus des ecclésiastiques : ceux qui seraient étrangers devraient recevoir ordre de vider le royaume dans trois mois , après avoir rendu compte des charges et maniements de deniers qu'ils ont eus; les autres officiers de finances devraient rendre leujrs comptes, chacun dans sa sénéchaussée et juridiction; ®t leur nombre devrait être réduit de moitié , « comme personnes inutiles qui ne servent que à la totale ruyne de vos subjects et à la grande diminution de vos finances. »
L'administration de la justice donnait lieu aussi à
^^ vives et nombreuses plaintes. On réclamait sur-
^^ut contre la lenteur des jugements, contre Ténor-
^^^té des épiceSf contre la vénalité des charges, et Ton
^^^gérait de vigoureux moyens de porter remède à
'^8 abus.
En terminant on deniandait des répressions sévères
ontre l'usure , et des garanties contre l'altération des
Monnaies; on demandait enfin que, de dix ans en
IX ans, il plût au roi «mander les estats, afin d'en-
ndre la détresse de ses sujets, et que tous pussent
irre en la craincte de Dieu et sous l'obéissance du
Ces remontrances , rédigées avec un talent remarble, empruntent un grand poids au caractère et
à la position de ceux dont elles émanent. Sain.' Émilion, comme nous Tavons déjà dit, était attachée de conviction et de cœur à la religion catholiqua.^ et au pouvoir royal : on ne peut donc supposer auuc auteurs des remontrances aucune exagération systématique, aucune intention malveillante. Partout -t, dans cette pièce, perce une grande indépendant^e de pensée; mais nulle part ne s'y montre l'esprit de faction ^
Revenons aux événements historiques.
La Saint-Barthélémy fit à Bordeaux de nombreuses victimes^. Rien ne nous dit ce qui se passa pour loi'S
^ On a souvent remarqué qu'aux idées de réfonne religieuse se laient des idées républicaines; cela fut vrai pour la Guienne, plus pet*** être que pour les autres parties de la France. Montluc raconte <!*• l'observation faite à des religionnaires d'Agen que le roi improuvait l^*'* conduite, ils répondirent : iQuel roy? nous sommes les roys. Ccloy*^ que vous dictes est un petit reyot de m . . . . nous luy donrons ^^ verges, et luy donrbns mestier, pour luy faire apprendre de gaigneT •* vie comme les autres. Ce n'estoit pas seulement là , ajoute Montl^^ * qu ils tenoient ce langage , car c'estoit partout. Je crevois de desp*** [Comment., liv. V, p. i56 de l'édit. in-fol. de Bordeaux, iSga.) I^*^ mêmes idées commençaient à gagner, comme on le voit ici , les pop**' lations catholiques de la Guienne.
^ Il y eut à Bordeaux deux cent soixante-quatre religionnaires sacrés. (VoirD. Devienne, p. 190).