‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 92 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

de pistolets , de piques , etc. H y avait de i*artillerie aux di£Férentes portes de la ville ; il y avait à la maison commune des munitions en poudre, balles, boulets ^; oh fabriquait du salpêtre dans la ville ^.

Cependant toutes les précautions prises par Saint- Émilion , tous les moyens de défense qu*il put réunir n'empêchèrent pas cette ville d'être surprise,

^ On lit dans une espèce d^état des lieux , laissé par le maire sortant au maire qni va le remplacer, par Pierre Bouquey à François Barbot, qn^il exbte à la maison commune « ung petit cofifre dans lequel y a quantité de pouldre d^arquebuse plyée en papier à quarts et demi-livres. Plus y a dans ladicte maison commune un barricot (baril) foncé par les deux bouts, plein de pouldre, sauf d*environ vingt livres, qui en feurenttirées et plyées en papier, mises dans ledict petit cofire lorsqu'elle iust mise au soleilb pour estre plus prompte à s'en servir, (à cause de) plusieurs advertissements que lesdicts maire et jurats reçeurent que ladicte ville seroyt attaquée. » Le procès-verbal ajoute que le maire sortant a fait connaître t qu il y a dans les portais et corps de garde de la porte Bouqueyre de ladicte ville deulx fauconnaulx. Il y en a ung aultre dans le portai de la porte Bourgeoise d'icelle ville , et y a ung ^ aidtre fauconnaulx dans le portai Brunet de ladicte ville, lequel détient le capitaine Goe£Gard. > (Reg. munie. 39 juin iSgi.)

* c Aujourd'hui , 1 g* jour du moisd'apvril 1578, ... . aestéarresté pour le regard des munitions de poudre de quanon et d'arquebuses pour la. nécessité urgent qu'il y a en la maison de céans que, suivant ro£Gre fàict par André Aiquien, de fournir certaine quantité de poudre à la maison commune, en luy permmettant prendre de la terre le long des murs de la ville propre à faire du salpêtre; il lui a esté permis de p'endre de la terre comme dessus, sans gâter ni déterriorer les murailles d'icelle, et ledit Aiquien sera tenu . . . bailler à la maison commune dix livres de poudre de quanon tous les ans, ce qu'il a promis faire et avancer dans la my may prochain veïiant, et continuera toutes les années.» (Reg. munie.)

162 SAINTÉMILION.

envahie et pillée par les huguenots Tan 1 58o. Les quatre i cours (comme disent les rédacteurs des Économies royales) , les quatre coiœs de la reine mère, de M. d'Alençon , du roi , de la reine de Navarre , étaient réunies à Coutras pour traiter de< la paix. Unç trêve avait été conclue, mais qui s étendait à une lieue et demie autour de Coutras , selon les secrétaires de Sully, à trois lieues, suivant les registres^ municipaux de Saint-Émilion , « tellement que , dans cet espace où résidoient ces quatre cours, Ton n'y voyoit, n'y oy oit-on parler que de paix, d'amour, de dances , balets , courses de bagues et autres galanteries; mais sitost que sans passe-port l'on estoit hors de ses bornes, ils se prenoient prisonniers et se donnoient coups d'espées et pistolets entre gens^ de difiFérent party , lesquels se rencontroient à la campagne^. » Dans ces circonstances, le samedi i4 oc— ''tobre, le maire, la plupart des jurats et des principaux bourgeois de Saint-Émilion, confiants dans Isl^ trêve conclue, se transportèj'ent en corps à Coutras, «pour faire la révérance à monseigneur fi'ère du^ roy, disent nos registres municipaux, et pour pré — senter à mondict seigneur le service de ladicte ville ^ et lui faire entendre les invasions , incursions , pillC:-' ries, cruaultés contre ladicte ville et jurisdictioiv exercées par lesdicts ennemys^. » Le roi de Navarre^

^ SuUy, Economies royales, chap. xiv.

' Procès- verbal du 3 décembre i58o. Remontrance de i583. Le^

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