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DE SAINT-ÉTIENNE

Vers la fin de pluviôse, la Convention semble enfin émue par les impitoyables exécutions de Lyon. Le 28 (16 février) :

La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de son Comité de Sûreté générale, décrète :

Art. l*r. La Commission extraordinaire établie à Commune-Affranchie en exécution du décret du 21 vendémiaire ne peut juger que les contre-révolutionnaires de Lyon et autres individus qui auroient pris part à la révolte qui a éclaté dans cette commune. En conséquence, les citoyens et les membres des corps administratifs du département de l'Ain et autres départements ne peuvent être traduits devant cette Commission extraordinaire pour raison d'écrits ou arrêtés fédéralistes auxquels ils auroient coopéré.

Exécuté, ce décret eût sauvé tous les prévenus de Saint-Etienne, à Texception peut-être de ce pauvre Ravarein, qui avait mené à Lyon un détachement armé. Malheureusement, il ne le fut pas. Non qu'il ait été rapporté, mais simplement parce que son application eût entraîné pour chaque cas la démonstration préalable que Taccusé avait ou n'avait pas pris part à la révolte. 11 y eut d'ailleurs des protestations. La Société populaire de Bourg (Ain), avec 160 signatures, réclama hautement de la Convention la punition des administrateurs qui, dans les districts voisins de Lyon, avaient servi la révolte :

... 11 a existé une connexion intime entre les contre-révolutionnaires du département de l'Ain et ceux de Lyon ; ce ne sont que des fauteurs de la conspiration de Lyon que la Commission révolutionnaire a frappés ou pourroit frapper dans le département. Ces administrateurs qui envoyoient des commissaires à la prétendue Commission de Salut public, en recevoient et l'entretenoient de Tespoir de lui fournir des secours, faisoient arrêter les courriers de la Convention et des représentants qui portoient les dépêches concernant la ville rebelle ; ces présidents, secrétaires et autres meneurs de Sections qui renchérissoient encore sur la conduite des administrateurs, nous vous demandons s'ils ne sont pas complices des rebelles...

On croirait que cette protestation vise les accusés stéphanois tant leur situation était semblable. Cependant, je ne crois pas que les Sociétés populaires de Saint-Etienne aient joint leur action à celle de la Société de Bourg.

Jusqu'au milieu de mars 94, la population de Saint-Etienne n'avait été frappée que pour sa participation militaire à la révolte. Praire-Neyzieu, Ant. Courbon, Arnaud, Calemard, Vernardet, Dervieux, del Gabio, le lieutenant fiuys, Jacques Molle, Th. Yallin — à des titres différents — avaient été des soldats. Praire-Royet luimême avait été arrêté tenant la campagne. Le tour des complicités civiles, administratives approchait.

Presque à la lin de son mandat, la Commission révolutionnaire de Lyon fut saisie des dossiers que la Commission militaire de Feurs examinait quand un décret la supprima.

J'ai rapporté plus haut (1) comment le 25 pluviôse (13 février), le transfert, de Feurs à Lyon, des prisonniers politiques avait été opéré. Les Stéphanois étaient là. Dès leur arrivée à Lyon, ces prisonniers y furent interrogés <!c en première instance :ù par trois membres de la Commission temporaire qui en renvoya une part à la Commission révolutionnaire (2).

Pour les faits relevés à Saint-Etienne, qui me sont mieux connus, je vois très aisément que cette instruction n'eut aucun souci d'établir l'accusation sur l'ensemble des événements. Elle limita son examen à quelques dossiers, aux papiers déjà vus à Feurs et sur lesquels la sentence avait été peut-être préparée. Elle considéra chaque affaire étroitement, comme personnelle. Cette manière d'opérer explique d'étranges anomalies : on volt, par exemple, le secrétaire général du District, Teyter, puni de mort alors que les membres du District, dont il rédigeait et exécutait les décisions, ne comparurent point devant les juges. Les dossiers de ceux-là, aussi.

(1) Voir pages 514-515.

(2) Ibid.

étaient cependant au grefTe et les accusés dans les prisons. On ne voulut ni voir les uns, ni entendre les autres. En hâte de finir, on se borna, il semble, à ratifier des sentences préparées, depuis plus d*un mois, à Feurs.

De telle sorte que des accusés qui semblaient très gravement menacés, de beaucoup plus compromis dans la révolte que les condamnés, bénéficièrent d'une indulgence qui n'était, après tout, que la lassitude de tuer, l'impossibilité de braver indéfiniment le sentiment public.

Je groupe comme les précédentes ces dernières sentences intéressant le district de Saint-Etienne. Je fais toutefois une catégorie de plus puisqu'il y eut, à la fin, des condamnés à la détention jusqu'à la paix. Je marque d'une astérisque les accusés dont les affaires avaient été examinées déjà à Feurs. Je suis bien empêché de donner les motifs des condamnations, les noms étant simplement inscrits en une liste précédée d'une formule usitée. Je donnerai cependant ce que je trouve en difi'érents documents.

A). Les Condamnés de Saint-Etienne 4® Condamnés à mort,

* Paul Lardon DesverneySy 56 ans, notaire à Saint-Etienne, né à Marlhes. — Condamné le 24 ventôse (14 mars).

<( Porteur d'ordres pour faire arrêter les patriotes. Envoyé sous « Lyon au siège ». {Tableaux des contre révolutionnaires mis à mort).

Une dénonciation de la municipalité de Marlhes indique : ... ce s'est vanté publiquement d'être commissaire nommé par la Com- (( mission [populaire] et Comité établis à Lyon pour faire incarcérer a tous les patriotes qui voudroient parler en mal contre Lyon ; les «c patriotes ne doivent leur salut que parce que ses pouvoirs n'ont « pas eu de durée i>.

L'accusé niait s'être prétendu investi de pouvoirs de cette nature.

• Charles Carrier (de la Thuilene) 49 ans, négociant en armes, entrepreneur de la Manufacture, né à Saint-Etienne y demeurant. — Condamné le 26 ventôse (16 mars),

ce A livré mille fusils aux rebelles de Montbrison en annonçant « que cette ville se fortifioit et verroit venir, les ennemis de la « Fédération départementale » {Tableaux^ etc.)

C'est une dénonciation signée de Vernay (de la Manufacture) qui a fourni le libellé de la condamnation de Carrier aux Tableaux : ... a: a livré volontairement à l'armée des rebelles^ à Montbrison, mille

« fusils de bien bonne qualité dite n» 1 et, à son retour de Montbri- « son, il s'est présenté à la Commune de Saint-Etienne en faisant les € grands saints des ci-devant, a dit : Citoyens, je puis vous assurer iL que la ville de Afonthrison est en bonne défense; elle se fortifie de « toutes parts^ elle a huit pièces de canon et des munitions : elle « verra venir les ennemis de la force départementale ».

Carrier niait. Il y avait d'autres accusations sur les armes livrées aux Lyonnais et sur une mission à Monlbrison pour installer un District favorable à la révolte. Carrier reconnaissait la mission et disait n'avoir complété le Directoire de Montbrison que sur les ordres du District de Saint-Etienne.

• André Vialy 32 ans, défenseur officieux et greffier du Tribunal de Commerce à Saint-Etienne, né à Lyon. — Condamné le 26 ventôse (16 mars).

c Rédacteur d'un arrêté tendant à taire traduire le patriote ce Johannot dans la prison ». {Tableau^y etc.).

Secrétaire du Comité de Salut public qui, en effet, fit une longue enquête contre Johannot : il n'était là, évidemment, que le porteplume.

• Jean^Pierre Ravareiny 71 ans, négociant en draperies à Saint- Etienne, né à Saint-Symphorien-de Lay. — Condamné le 27 ventôse (17 mars).

(L Membre de la Commission militaire pendant le siège ». (T'ahleaiucy etc.)

Il avait commandé un détachement envoyé de Saint-Etienne au secours de Lyon et avait fait partie, à Lyon, d'un Conseil de guerre dit € Commission militaire ».

^ Claude-Antoine Détours, 52 ans, juge au Tribunal de Saint- Etienne, né à Saint-Didier-sous-Rochefort. — Condamné le 28 ventôse (18 mars).

« A signé des arrêtés contre-révolutionnaires et a autorisé son « fils à joindre les rebelles ». (Tahleaujc, etc.).

Président du Comité de Salut public et de la Section des Droits de Vhomme; signataire de l'adresse de dévouement à la Commission populaire et aux Sections de Lyon (27 juillet).

• Antoine Vincent (de Soleymieu), 55 ans, négociant en rubans, juge au Tribunal de commerce de Saint-Etienne. — Condamné le 29 ventôse (19 mars).

« A reçu les rebelles chez lui, et, quand il a vu les armées de la « République, il leur a dit : Bride en bouche, les pistolets en mains, « exterminez tous ces scélérats ». {Tableaux, etc.).

Le libellé des Tableaux est la reproduction d'une note résumant des dénonciations : ... « il a reçu les muscadins à cheval chez lui € au nombre d'une vingtaine et quand l'armée de la République « s'est présentée devant Commune-d'Armes, le dit Vincent ouvrit € les deux battants du portail en criant aux muscadins : Allonsy € mes amiSy bride en bouche^ le pistolet aux mains et foutez~moi tu ces bougres'là à bas }». Cette histoire doit se rapporter à l'action des Lyonnais contre les patriotes le 28 août : elle n'aurait pas de sens autrement puisque, quand les soldats de la République (les dragons) sont venus à Saint-Etienne, le 29 août les muscadins étalent partis depuis la veille.

• Jean-François Teyter, 52 ans, notaire, secrétaire général du District, né à Saint-Etienne. — Condamné le 29 ventôse (19 mars).

c A signé un arrêté tendant à donner des forces aux rebelles et m a traité les républicains de scélérats ». (Tableaux, etc.).

Dans un interrogatoire, Teyter avait dit, très justement : c Mon € nom se trouve à tous les arrêtés du District, puisque l'imprimeur « Ta ajouté par espèce de formalité y>.

* Piètre Chabanney 32 ans, greffier de la justice de paix (section Est) à Saint-Etienne, né à Vorey (Haute-Loire). — Condamné le 2 germinal (22 mars).

<sc Agent des rebelles, disant que, sous peu, on aurait un « Louis XVII 3>. (Tableauxy etc.).

Une dénonciation signée Leuoir :...(( a dit plusieurs fois que, « dans six jours nous aurions Louis XVII sur le trône ».

Pierre Chapony 42 ans (le cadet), négociant en armes, né à Saint- Etienne, y demeurant. — Condamné le 3 germinal (23 mars).

« Contre- révolutionnaire ayant suivi les rebelles ». (Tableaux j etc.).

2») Condamnés le il germinal (6 avril) à la détention jusqu'à la paix.

Jean-Louis Praire (du Rey)y 74 ans, ancien négociant à Saint- Etienne.

Je ne vois contre lui d'autre charge que celle d'être l'oncle de Praire-Royet et de Praire-Neyzieu.

Julien Palyy 44 ans, huissier à Saint-Etienne, né à Cherbourg. Dénoncé pour des propos contre-révolutionnaires qui ne sont même pas précisés.

Jean-Baptiste Peyron, 48 ans, moine, né à Saint-Etienne, demeurant à...

André-Gabriel Gonyn {de Lurieu)^ 64 ans, c ex-noble ^y à Saint- Just-sur-Loire, né à Saint-Etienne.

Benoit Marcovx^ 42 ans, prêtre, né à Saint-Etienne, y demeurant. Frère de Noël Marcoux (en fuite) et poursuivi, je crois, à cause de lui.

* Pierre- Antoiiie Fromage, 63 ans, président du Tribunal de Saint-Etienne.

Dénoncé pour des relations et agissements contre-révolutionnaires : « le chef, le moteur, le directeur de la contre-Révolution ».

* Jean- François Yvon, 30 ans, substitut du procureur de la Commune, né à Saint-Etienne, y demeurant.

On lui reprochait ses fonctions en remplacement de Richard qui était à la Commission populaire.

B). Les condamnés des autres communes du District

i^) Condamnés à mort.

Jean-Marie Aguiraud^ 44 ans, curé à Saint-Genës-Lerpt, né à Berga ? (Loire). — Condamné le 24 ventôse (14 mars).

€ A promulgué les principes du Congrès départemental ». (Tableaux, etc.).

Accusé d'avoir afTiché à la porte de Téglise un document lyonnais. Claude Laroa dit... « Aguiraud n'a eu un plus grand soin que c de se rendre au-devant de ladite église pour y bien voir si € ladite lettre a été efTectivement affichée et la voyant placardée, il < a été de suite satisfait »•

François Lachaud, 47 ans, journalier à Ruthianges, né à Saint- Genès-Malifau.

Jean-François Françon, 36 ans, journalier à Bernade (Loire), né à Rutiange.

Michel Chaleyer, 53 ans, journalier à Bourg-Argental, né à Rutiange.

Condamnés tous les trois le 25 ventôse (15 mars) «c pour avoir, « avec des intentions liberticides, coupé l'arbre de la Liberté dans c la commune de Versannes en Rutiange (Loire) et y avoir subs- € titué une croix ; pour avoir menacé de couper le cou à ceux qui c vouloient les empêcher de commettre cet attentat ». (Jugement.)

Antoine Roberty 61 ans, prêtre, né à Saint-Sauveur, y demeurant. — Condamné le 26 ventôse (16 mars).

c Contre-révolutionnaire, fanatisant les campagnes i. (Tableaux, etc.).

* François Bourdely^ 60 ans, curé à la Fouillouse, né à Saint- Etienne. — Condamné le 27 ventôse (17 mars).

c Fanatique, ne voulant pas se conformer € aux lois ». (Tableaux, etc.).

Ce libellé n*est pas exact. Bourdely était accusé d'avoir lu en chaire une communication de la Commission populaire de Lyon. Il déclarait avoir interrompu sa lecture aussitôt qu'il s'était aperça du caractère du document.

Louiê'Honoré Berlrandy, 73 ans, curé de la Chapelle annexe des Hayes, né à Callas (Provence). — Condamné le 27 ventôse (17 mars). a Fanatique, prêchant la contre-Révolution )). (Tableaux, etc.). Je ne vois pas l'accusation contre Bertrandy.

Claude Briery, 59 ans, curé de Pavesin, né à Cremeaux. — Condamné le 27 ventôse (17 mars).

Qc Fanatique^ ne voulant pas se conformer <ic aux lois )!>. (Tableaux, etc.).

Je ne vois pas l'accusation contre Briery.

Jérôme Bourg, i9 ans, chapelier à Lyon, né à Saint-Chamond. — Condamné le 28 ventôse (18 mars).

c Arrêté dans une redoute des rebelles pendant le siège >. (Tableaux, etc.).

* Jean-Pierre Gauthier dit Gravenandy 53 ans, extracteur des mines de charbon à Rive-de-Gier, né à Saint-Romain-en-Jarez. — Condamné le 28 ventôse (18 mars).

<c A favorisé le passage des Muscadins à Rive-de-Gier lorsqu'ils « allaient à Commune-d'Armes enlever les armes de la Répu- € blique i>, (Tableaux, etc.).

* Etienne Orelut, 41 ans, chirurgien et officier municipal de Saint-Chamond, y demeurant. — Condamné le 28 ventôse (18 mars).

c A provoqué les habitants à la rébellion lyonnaise ». (Tableaux, etc.).

Jean-Thomas d'Aboin, 61 ans, chevalier de Saint-Louis, capitaine au H* régiment de ligne, né à Firminy, y demeurant. — Condamné le 29 ventôse (19 mars).

. . c Ex-noble ; contre-révolutionnaire; a quitté le régimenten 1792». (Tableaux, etc.).

Joseph Callety 27 ans, fabricant de rubans à Saint-Chamond, né à Saint-Julien. — Condamné le 2 germinal (22 mars).

€ A désarmé les patriotes. S*est joint aux rebelles j>, (Tahleauxy etc.).

2^1 Condamnés le Î7 germinal {6 avril) à la détention jusqu'où la paix.

François Buisson, 45 ans, curé à Firminy, né à Saint-Etienne.

Pierre-Antoine Chapuis, 50 ans, <l ex-noble » capitaine, né à Bourg-Argental, y demeurant.

Claude- François Vernoux, 64 ans, « ci-devant dans les Chevau-? légers du ci-devant Capet ». (Jggement). Né à Bourg-Argental, y demeurant. Maire de Bourg-Argental.

Etienne-Melchior Nayme, 38 ans, « ex-noble », né à Bourg- Argental, y demeurant. Premier notable de la commune de Bourg- Argental.

Claude- Victor Nayme, 38 ans, « ci-devant noble », né à Bourg- Argental. Procureur de la commune de Bourg-Argental.

^ André Pourret^ 36 ans, prêtre, né à Déome (Saint Sauveur), demeurant à Saint-Julien-Molin-molette, où il était curé.

François-Gahrlel Luzy, 28 ans, ex-noble, né à Vienne, demeurant à Bourg-Argental.

Antoine-François-Louis-Richard Ve^moux, 30 ans, « sans état », né à Bourg-Argental, y demeurant.

Marie Boucher, 71 ans, religieuse sainte-Claire, à Lyon, née à Saint-Paul-en-Jarez.

A/arîe Sihert, 37 ans, couturière, née à Saint-Martin-la-plaine, y demeurant (1).

(1) Je devrais peut-êlre ajouter à celte catégorie les suivants :

Etienne Godard, 51 ans, prêtre, né à Saint-Julien (Loire), y demeurant.

Jean Massacrier, 55 ans, prêtre, né à Saint-Julien (Loire), demeurant à Serrières.

Jean Massacrier le jeune, 52 ans, prélre, né à Saint-Julien, demeurant à Salle.

Mais je ne sais s'il s'af^it d& Saint-»lulien-en-Jarez, • de Saint-JuIien-MoliiH nioletle ou de Saint-Julien-la- Vesljce, dans le district de Montbrison.

Q. Les Acquittés

iV De Saint-Etienne.

Pierre-Antoine del Gabio^ 44 ans, né à la vallée de la Sesia (Grisons)f demeurant à Saint-Etienne.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars). « En liberté, comme Suisse », dit le registre des décisions.

Antoine-Philippe Bernoii^ 44 ans, maître d*école, né à Saint- Etienne, y demeurant.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Jérôme-Marie Vinoy^ 36 ans, notaire à Saint-Etienne, néàSaint- Chamond.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars}.

*Jean Dubouchet^ dit Chamhonnaire^ 38 ans, armurier, né à Saint-Etienne, y demeurant.

Acquitté le 10 germinal (30 mars).

* Jean-Baptiste Ravel, 47 ans, né à Saint-Etienne, demeurante Villars, ancien membre du Département.

Acquitté le 10 germinal (30 mars).

Jacques Neyron, 61 ans, négociant^ né à Saint-Etienne, y demeurant. ' Acquitté le 16 germinal (5 avril).

S*) Nés à Saint-Etienne et habitant ailleurs,

Pierre-Joseph Friquet ? 53 ans, né à Saint-Etienne, demeurant à Mont-Chalier (Saint-Germain-la-val).

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

André Laforye, 38 ans, coutelier, né à Saint-Etienne, demeurant à Andrézieu.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Claude Chapelon^ 32 ans, scieur de long, né à Saint-Etienne, demeurant a Brissonne (Isère). Acquitté le 10 germinal (30 mars).

Marie-Anne d'Albuzy, femme de Laurent d'Apinac, 39 ans, rentière, née à Saint-Etienne, demeurant à Montbrison Acquittée le 10 germinal (30 mars).

S^J Nés dans les autres communes ou y habitant.

Jean-Pierre MacàbeOy 33 ans, de Tarentaise, marchand de fil à Lyon.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Joseph Auquier^ 48 ans, prêtre, né à Sisteron, demeurant à Châteauneuf, près Rive-de-Gier.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Pierre Veyrcy 20 ans, cultivateur, né à Saint-Sauveur, y demeurant.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Joseph Gauche, 21 ans, ouvrier aux mines de Saint-Julien-Molinmolette, demeurant à Vérannes.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

* Joseph Cremeau, dit Misère, 26 ans, né à Lyon, demeurant à Saint-Chamond.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Antoine Dupré, 30 ans, journalier, né à la Fouillouse, y demeurant.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Benoit-Etienne Carre, 44 ans, cultivateur, né à Lyon, demeurant à Bourg-Argental.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Jean-Claude-Marie-Benoit Carre, 64 ans, cultivateur, né à Lyon, demeurant à Maleval.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Elienne Pupil, 57 ans, ingénieur, né à Bourg-Argental, y demeurant.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Jean-Baptiste-Marie-Etienne Pupil, 26 ans, cultivateur, né à la Guadeloupe^ demeurante Bourg-Argental.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

André Vernoux, 60 ans, né à Bourg-Argental, y demeurant. Acquitté le 30 ventôse (20 mars.)

Hyacinthe Lyons, 57 ans, notaire, né à Barcelonnette, demeurant à Chavanay.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

588 hER DERNIÈRES SENTENCES A LYON

Jean-François Chaspoul, 66 ans, né à Dignes, demeurant à Saint- Pierre-de-Beuf.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Joseph Veyref 60 ans, né à Déome (Saint-Sauveur), y demeurant. Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Claude Coste (?) 44 ans, « laboureur ]», né à Boulieu (Ardèche), demeurant à Bourg-Argental.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

. Claude Coste était le notaire, secrétaire de la Commune et de l'Hospice.

Abel'René Pupil^ 36 ans, juge de paix, né à Bourg-Argental, y demeurant.

Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Michel Crotte^ 50 ans, journalier, né à Maleval, demeurant à Lupé. . Acquitté le 30 ventôse (20 mars).

Antoine Bonnard^ 33 ans, prêtre, né à Saint-Genis-terre-noîre, demeurant aux Salles (Loire).

Acquitté le 10 germinal (30 mars).

Pierre-Joseph Besson^ 61 ans, procureur, né à Lyon, demeurant a Saint-Pierre-de-Beuf.

Acquitté le 16 germinal (5 avril).

Toutes les exécutions des dernières sentences ont été faites « par le fer », c'est-à-dire la guillotine. Voici l'un de ses procès-verbaux d'exécution ; il marque la fin tragique d'une existence bien mêlée à la plus grande histoire de Saint-Etienne :

Ce jourd'huy vingt-huit ventôse Tan second de la République françoise une, indivisible et démocratique,

Nous, Jean-François Bréchet, secrétaire-greffier de la Commission réi'olutionnaire établie à Commune-Âflfranchie par les représentants du peuple, en vertu du jugement de la Commission révolutionnaire de ce jour et accompagné des citoyens Paranthon et Forest, officiers municipaux, nous sommes transportés sur la place de la Liberté ù une heure et demie d'après-midi pour assister à l'exécution qui a été faite sur ladite place de la Liberté par l'exécuteur des mandements de justice qui a, sur le champ, guillotiné :

Claude-Antoine Détours (1).

(1) Entre les dix-neuf condamnés de ce jour.

Après laquelle exécution nous nous sommes retirés à Theure de deux heures de relevée après avoir rédigé le présent procès-verbal. Fait et clos...

Balleydier rapporte que cette exécution eut lieu « malgré un sursis obtenu par un des neveux de la victime Edme de Tours qui s'était enrôlé dans la garde révolutionnaire pour avoir la facilité de sauver son oncle ». Et il ajoute :

Le jour de Texéculion de de Tours un grand cri partit au pied de Téchafaud et une jeune fille tomba sans vie sur le pavé de la place : c'était un de ses enfants qu'on emporta dans une maison amie de sa famille où elle fit une longue et dangereuse maladie... Le désespoir ne tue pas toujours.

Cette jeune fille — je l'ai dit ailleurs — avait suivi son père à travers les prisons ; elle avait déjà subi à Feurs, fin pluviôse, les angoisses de la décision prochaine et déjà, elle avait pu croire, le 24 pluviôse, que le lendemain serait le dernier jour !

Quelle émotion produisirent à Saint-Etienne ces dernières sentences de mort? Je n'en vois aucun témoignage.

Elle fut sûrement profonde et douloureuse ; mais, il faut bien le dire, prévues depuis deux mois au moins, ces sentences n'étonnèrent pas. Peut-être même supposait-on qu'elles seraient en plus grand nombre. Comment pouvait-on s'expliquer, par exemple, que pour avoir obéi à un ordre de Molle, chef de la légion de l'Ouest, un vieillard, un vieux soldat, Ravarein, dut payer de sa vie, alors que. Molle lui-même restait en prison oublié ? (1).

(1) On peut croire, en eiïel, queToubli dans les prisons de certains prévenus, libérés huit ou neuf mois plus tard, ne fut pas sans étonner. Entre ceux-là, les gens du District et Molle, le chef de la Légion de l'Ouest.. Soviche écrivait, à Marcellin Beraud, au sujet de ce dernier, le 25 pluviôse (13 février) : « Le citoyen Molle aine, que tu n'aimais guère, est à Commune- Affranchie ; il risque fort de danser la Camitignole », (Communiqué par M. Michel, marchand de soies). Soviche n'était sans doute pas méchant et il parlait à un homme doux et modéré : il employait le langage sans-culolte.

5€0 CHUTE DES HkBERTiSTES — CONTRE-COL P A LYON

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