REVERCHON ET DUPUY
La patiente et froide politique, qui n'ayant pu empêcher le mouvement hébertiste en poursuivait l'extinction, se manifeste clairement dans les affaires de Lyon.
Dès le milieu de frimaire (1), Collot d'Herbois, le chef des avancés, était rappelé à la Convention et attaché au Comité de Salut public où sa volonté révolutionnaire, enveloppée, devait fondre. C'est Meaulle qui le remplaçait à Lyon.
Le 20 pluviôse (8 février), Javogues est rappelé ; Lapalus et Duret sont arrêtés ; le tribunal de Feurs est supprimé.
Le 28 pluviôse (16 février), décret : la Commission révolutionnaire de Lyon ne pourra juger « que les contre-révolutionnaires et autres individus qui auraient pris part & la révolte ».
Restés à Lyon où ils avaient la responsabilité de la politique de sanglante répression, Fouché et de Laporte s'inquiètent. Ils se sentent combattus au Comité de Salut public : ils envoient à la Convention une lettre que Meaulle signe par sentiment de solidarité.
30 pluviôse (18 février).
Citoyens coUégues,
Il nous est difficile de vous exprimer combien nos cœurs sont altrislés de l'excessive indulgence avec laqueUe vous souffrez qu'on vienne impunément à votre barre enlever la confiance et le respect public aux hommes vertueux qui servent avec le plus d'ardeur et de constance les principes et la marche de la Révolution.
C*est pour la seconde fois qu'on ose se présenter devant vous pour couvrir d'accusations injustes la Commission révolutionnaire de Commune-Affranchie, dans l'espérance, sans doute, de relever encore une fois l'affreux courage des conspirateurs qui n'attendent qu'une intermittence dans la vengeance nationale pour renouer le fil de leurs trames parricides contre la Patrie.
Ce tribunal, ciloyens collègues, mérite toute votre estime.
On cherche, en vain, de toutes les manières à intéresser notre sensibilité, à
(1) Voir plus haut, page 12.