‹ Saint-Etienne et son district pendant la RevolutionChapitre 155 sur 220 · T ■ II · texte numérisé non relu

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les sentences des tribunaux révolutionnaires. La distinction devenait difficile et, dans les contradictions toujours plus ardentes, presque impossible.

Le 3 floréal (22 avril), nouvel arrêté du Comité de Salut public : MeauUe est rappelé à la Convention, de Laporte doit rejoindre l'armée des Alpes et à Reverchon, resté seul, on adjoint Dupuy, de Montbrison, député de Rhône-et-Loire (i). Reverchon et Dupuy passèrent Tété à Lyon.

La difficulté de la situation à Lyon apparaît dans la correspondance des représentants et, en particulier, dans les lettres de Reverchon à Couthon. En apprenant sa destination à Tannée des Alpes, de Laporte remercie le Comité.

Le jugement de ce député sur le monde lyonnais de ce moment est trop curieux pour n'être pas cité.

17 floréal (26 avril 94).

...Grâces vous soient rendues pour m'avoir lire de ce foyer d*inlrigues... Je plains beaucoup Reverchon qui reste et Dupuy qui va arriver et tous ceux qui pourront venir encore dans ce pays de cori'uption et de calomnies. Bendez-les bien forts si vous vouiez qu'ils puissent déjouer les intrigues et les intrigants...

Je vous portois des preuves écrites que, parmi ceux qui se disent opprimés pour intéresser vos cœurs généreux..., il y en a qui se disent François et qui ne sont que des Ânglols ou des Piémontois, ou des hommes qui ont servi chez les Tarente et les Breteùil, ou des hommes qui ont été interprèles ou courriers de plusieurs maisons hoUandoises et angloises, ou des hommes suspecls de favoriser les rebelles émigrés, d'entretenir avec eux des correspondances, d*avoir pour argent facilité leur évasion, de les avoir fait arbitrairement remettre en liberté lorsqu'ils étoient détenus.

Vous auriez été étonnés de voir que de tels hommes sont membres de comités, de tribunaux, des agents des Districts qui les emploient à la vente des biens séquestrés et qu'ils sont du nombre de ceux que cinq ou six meneurs de ce pays-ci ont appelés à toutes les places pour les avoir à leur disposition. Vous auriez élé étonnés de voir qu'ils ont des certificats de civisme, des passeports pour Paris ; qu'ils sont membres des Sociélés populaires depuis 1789; qu'ils ont combattu le 29 mai, puis élé incarcérés par les rebelles.

Quant à moi, je me perds dans tous ces labyrinthes de contradictions...

Les contre-révolutionnaires prenant figures de jacobins, devenant des cr amis de Chalier d et, sous ce nouvel aspect, dénonçant leurs vieux adversaires, les vrais jacobins, voilà ce que signale de Laporte. C'est aussi ce que signale Meaulle dans une lettre au Comité de Salut public du 11 floréal (30 avril).

(1) Jean-Baptiste-Claude-IIcnri Dupuy, né à Thiei*s le 18 août 1759, avocat, juge à Montbrison, député à la Législative et à la Convention. Retiré des Affaires publiques sous le Directoire, le Consulat et l'Empire, il fut, en 1816, exilé comme régicide et mourut en exil à Versoix (Puisse) le 16 mars 1824.

594 FIN DE LA JUSTICE RÉVOLUTIONNAIftE DANS LA REGION

Reverchon aussi ne demandait qu'à s'en aller. Il ne tarde pas, d'ailleurs, à avoir quelque ennui de ses relations avec Dupuy qui, en un sujet si trouble, voit autrement que lui. Il écrit à Couthon :

23 floréal (12 mai).

. . . J*ai fait des observations amicales à mon collègue qui ont été iouliles. Ainsi, je puis donc m*élre trompé : ce sera une erreur de ma part et je souhaite de bien bon cœur que cela soit.

Mais, étant absolument inutile ici, je te conjure de nouveau de me faire rap-» peler dans le sein de la Convention et je t'assure que Dupuy tout seul est en état de faire marcher ici, pourvu que vous envoyiez un représentant dans le département de la Loire où il seroil bien nécessaire surtout par rapport à la fabrication des armes au ci-devant Saint-Etienne, actuellement Commuoed'Armes.

La présence d'un représentant du peuple à Saint-Etienne parait si urgente que Dupuy et Reverchon insistent auprès du Comité de Salut public.

13 prairial (l"* juin 95).

. . . Nous vous rappelons la demande que nous vous avons faite d'un troisième député pour le département de la Ivoire ; il est absolument indispensable ; les affaires souffrent ; Reynaud, de la Haute-Loire, qui connoit la localité pourroit utilement remplir cette mission.

Un décret du 15 prairial (3 juin) étendit aux départements du Rhône et de la Loire les pouvoirs de Dupuy; mais le Comité n'envoya pas de représentant à Saint-Etienne ; il fit envoyer par la Commission des Armes un <i: commissaire :d à la Manufacture : Claude Boyer. Ce commissaire était à son poste le 25 prairial (13 juin).

FIN DE LA JUSTICE RÉVOLUTIONNAIRE DANS LA RÉGION LE TRIBUNAL CRIMINEL DE LA LOIRE

C'est le 17 germinal (6 avril) que la Commission révolutionnaire de Lyon tint sa dernière séance. C'est le même jour qu'elle déclara ses travaux terminés et qu'elle en formula — non sans un sinistre orgueil — le terrible résumé : 3.528 afTaires, 1.684 exécutions, 162 condamnations à la détention, 1.682 acquittements.

Une loi du 27 germinal (16 avril) ordonnait que tous les prévenus de conspiration fussent, de tous les points de la République, tra-

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