‹ Saint-Etienne et son district pendant la RevolutionChapitre 170 sur 220 · LA FÊTE DE L'ÊTRE SUPRÊME (20 PRAIRIAL · texte numérisé non relu

LA FÊTE DE L'ÊTRE SUPRÊME (20 PRAIRIAL

En conséquence et en vertu d'un arrêté municipal, le produit de cette souscription volontaire sera recueilli par un officier municipal et deux notables qui inscriront sur un tableau ce qu'ils auront reçu de chacun des citoyens aisés de cette commune ; et comme, dans un gouvernement libre, chaque bonne action doit trouver sa récompense dans l'estime publique, la liste de ces citoyens sera lue publiquement à la séance du Conseil général de primidi prochain.

Le 18, nouvelle proclamation pour demander d'orner les fenêtres de guirlandes et de festons de verdure.

La fête fut célébrée avec un certain éclat. Elle parut une sorte de Fôle-Dieu, une intention de revenir à l'ancien culte. Morel rapporte que les rues furent tapissées et enguirlandées, et que la foule parut heureuse du spectacle. A Lyon, même résultat et même sentiment(i).

L'abbé de Linsolas, pour prémunir contre toute confusion, se crut obligé de publier une lettre-circulaire aux fidèles du diocèse de Lyon par laquelle il dénonça la fête sacrilège.

Fauriel fut le magistrat du peuple qui, de la ec tribune », c'est-àdire de la très belle chaire de Notre-Dame, prononça le discours. La Commune s'en promit grand effet puisqu'elle en vota l'impression avec un tirage de 1.000 exemplaires (2). Je ne puis songer à en reproduire ici les vingt-neuf pages in-octavo, mais je me permets de dire qu'il me parait digne de la jeunesse du maître, ce curieux témoignage de l'histoire de sa pensée et de son talent. La langue en est irréprochable et la forme inQniment plus simple qu'on ne l'imaginerait pour ce temps amoureux d'apostrophes et de prosopopées : on y pressent la beauté classique des Derniers jour» du Consulat et de l'introduction aux Chants grecs.

En écrivant ce discours, Fauriel ne voulut se prêter à aucune discussion d*ordre théologique : il ne songea pas à exposer une fois de plus les preuves habituelles du dogme : il n'en voulut constater que l'influence sociale. C'est ce dernier point qui est le sujet : il faut montrer la relation nécessaire de l'idée de Dieu et de toute œuvre civilisatrice. Aucune argumentation d'école ; c'est accidentellement qu'il laisse tomber cette expression ce le moi humain :» qui trahit le philosophe. A propos de la recherche du bonheur, il dit :

(1) C'est le représentant Dupuy de Monlbrison qui présida et Dorfeuille qui organisa. L'un et l'autre parlèrent.

(2) Sans nom d'auteur. Les exemplaires sont aujourd'hui extrêmement rares : la Bibliothèque de la Ville en possède un très propre que j'ai trouvé chez M. Cœur, le bouquiniste bien connu. Il porte d'une écriture du temps le nom de Fauriel. «

C'est par erreur qu'Âlph. Peyret donne des extraits de ce discours en les attribuant à Michel Lardon. (Recheixhet histotiqttetf elc.)*

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