LA NOUVELLE PRLSON DE SAINTE-MARIE
Les 13-14 messidor (l^'-S juillet), les 30 détenus politiques qui étaient dans la prison de la rue de la Ville furent transférés dans la prison nouvelle installée dans le couvent des Visitandines à Sainte-Marie.
En voici la liste établie sur le registe d'écrou :
1 Maisonnette Pierre, de Saint-Christô 22 octobre.
2 Blachon François, d'Izieu 25 octobre.
3 Camyer fîls aîné 31 octobre.
4 Berthon-Bourlier --
5 Courbon père 29 brumaire.
6 Vieille 27 frimaire.
7 Périer 1 pluviôse.
8 Granger cadet, de Roannel 8 pluviôse.
9 Dugas Camille (1), de Saint-Chamond 12 pluviôse.
10 Puy du Rozeil, de Rive-de-Gier —
11 Petit Pierre, de Bourg-Argental 24 pluviôse.
12 Ginel, curé de Maleval 25 pluviôse .
13 Dupuy, curé de Maclas —
14 Grangier, de Saint-Chamond —
15 Citoyenne Grangier, de Saint-Chamond ~
16 Camyer, ex-conseiller de Maleval —
17 Camyer, prêtre, de Maleval
18 Montagnon, curé de Saint-Héand 30 ventôse.
19 Catherine Layé —
20 Perreton, de Véranne 19 germinal .
21 Didier 20 germinal .
22 Chavaira —
23 Laviale —
24 Dupin Jean —
25 Grange Jean- Claude, prêtre 4 prairial .
(1) Je ne suis pas très sûr que Dugas soit resté en prison aussi longtemps, mais Tabsence de renseignements sur sa sortie me porte à supposer qu'elle est d*après le transfert à Sainte-Marie.
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26 Girard, de la Valla 10 prairial .
27 Dasquemy 14 prairial.
28 Linossîer, de Graix 22 prairial.
29 Richard, de Bourg-Argental 24 prairial .
30 Itnbert 28 prairial .
L'opération de transfert eut ce résultat que si les détenus politiques furent soigneusement gardés^les détenus de droit commun le furent si peu que, dans cette nuit du 13 au 14 messidor, cinq d'entre eux prirent la clef des champs :
Blanc Jean et Royet Jean-Claude, écroués le 26 ventôse.
Pinet et Thiolier^ écroués le 29 floréal.
Lardet Claude, de Saint-Chamond, écroué le 22 prairial.
L'aménagement d'une nouvelle prison avait eu pour cause initiale la situation pénible faite à Pignon, & Jourjon et & Démolis dans la vieille maison d'arrêt de la rue de la Ville. Pignon y rencontrait — je viens de le dire — des détenus par son ordre. De là, des conflits, des injures, de plus graves dangers, peut-être. Cette situation rapportée à la Commune le 11 floréal (30 avril), on constate que les détenus ne peuvent être séparés, les locaux étant insuffisants et tous les prisonniei*s condamnés à la promiscuité. On s'aperçoit alors que ce la maison d'arrêt n'est point assez vaste et assez aérée pour y contenir pendant l'été autant de monde qu'il y en a actuellement ; qu'il s'eroit à craindre qu'il s'y introduisît quelque maladie contagieuse qui pourroit ensuite se répandre dans les difl'érents quartiers ». L'incarcération de Pignon avait, on le voit^ des conséquences inattendues. Dès ce jour, 11 floréal, on projette une nouvelle installation, a soit au ci-devant monastère de la Visitation ou ailleurs y>.
Quatre jours a^rès les idées sont fixées : le 15 floréal (4 mai), la Commune prie le District de o: déterminer le local des ci-devant Sainte-Marie pour y transporter dorénavant tous ceux qui paraissent dignes de la distinction dont nous avons parlé ». Cette distinction, elle était, dans la même lettre, indiquée d'une manière vague : <L l'homme plus lïialheureux que coupable », le détenti' politique.
Le 6 messidor (24 juin), la Commune insiste et écrit au District :
... Chaque jour nous entendons s*élever des plaintes sur rinsuffisance et l'insalubrité de la maison d'arrêt de cette commune. L'humanité exige que les détenus puissent y respirer un air dégagé des exhalaisons pestilentielles qui abondent toujours là où les hommes sont entassés les uns sur les autres, et la justice que le coupable soit sous sa main sans risque de lui échapper. U s'en
UN « MUSCADIN » DE SAlNT-ÉTIENNE CONDAMNÉ A PARIS 671
faut bien que les prisons de cette commune soient à Tabri de ce double inconvénient ; vous savez aussi bien que nous à quoi vous en tenir à cet égard. Nous vous écrivîmes, il y a deux mois, pour vous engager à transférer une parlie des prisonniers au local des ci-devant Sainte-Marie. Vous vous êtes occupés de faire faire les réparations convenables ; mais il nous a paru qu'elles trainoient en longueur. Nous vous prions donc...
Le District, par un arrêté en date du 11 messidor (29 juin) fit droit à la requête ; après un considérant qui vise des motifs d'humanité, il arrête :
Art. i*^. — Que les individus détenus dans la maison d'arrêt de cette commune pour faits relatifs à la Révolution seront, sans délai, transférés dans la ci-devant maison de Sainte-Marie.
Art. 2. — Que le citoyen Philibert Davier est nommé concierge...
Les détenus de droit commun restèrent quelques jours encore rue de la Ville. Le 15 thermidor (2 août), le District prenait des mesures contre les évasions. Peu après, ils étaient, à leur tour, tranférés à la prison du Château et la prison de la rue. de la Ville disparaissait dans les démolitions pour Touverture d'une rue nouvelle. .
Le régime dans la prison nouvelle ne fut pas très amélioré. Comme avant, les prisonniers dormirent sur la paille (1).