LA FAMINE DE L'ÉTÉ DE L'AN II — LES ASSIGNATS
La moisson semble ne pas suffire : on croirait qu'on la mange en la levant. Le 22 fructidor (8 août^ le District écrit que la récolte locale, a modique )», est presque consommée (1). Le 3 fructidor (20 août), à la commune d'Outre-Furan qui crie misère et secours, le Conseil de Saint-Etienne répond qu'il n'a ni pain, ni grain :
... Il a vu avec douleur qu'il ne pouvoit apporter le remède que vous désirez... Ce n*est qu'à force de précautions et de soins que nous parvenons à faire fournir à nos concitoyens une modique et frêle subsistance. Encore, avons-nouSf plus d*une fois, éprouvé le regret amer de les en voir privés.
Pour vous le dire en un mot : nous vivions auparavant du moins au jour le jour ; à présent, au contraire, nous ne sommes pas assurés la veille d'avoir du pain pour le lendemain.
En ce fructidor, on commençait les nouveaux ateliers de la Manufacture et ces <ic travaux révolutionnaires » avaient amené à Saint-Etienne un certain nombre d'ouvriers terrassiers et maçons. Un moment on put prévoir douze cents ouvriers. Le problème du pain devint d'autant plus difficile. Le 4 fructidor (21 août), de nouveau, on écrit au District : <3c Nombre de citoyens manquent de pain 1».
Enfin, la Commission de commerce, et d'approvisionnement accorda 15.000 quintaux sur le district de Montbrison (7 fructidor- 24 août. Ces 15.000 quintaux devaient donner à la Commune soixante-quinze jours de pain tout au plus. Mais n'allait-on pas les attribuer à tout le District de Saint-Etienne? On en a peur et on proteste et on écrit (13 fructidor-30 août).
Ce qu'était la marchandise qu'on s'arrachait ainsi ? Une lettre de la Commune à son Comité des subsistances le dit : ce Le grain de vos greniers est plein de terre et d'immondices » (17 fructidor- 3 septembre).
Pour prendre rang dans les grandes distributions du Comité des subsistances de la Convention, et aussi, pour reprendre — très vainement — le projet de classement de la ville comme place de guerre, le District envoie deux commissaires à Paris, Peyret-Boucharlat et Chardon (5 fructidor-22 août). Le 7 vendémiaire (28 sept.) ces commissaires font parvenir leurs craintes : leurs prières instantes sont vaines et les difficultés grandes; ils demandaient 330.000 quintaux, on leur parle de 18.000 L Ils font savoir le IL (2 oct.), qu'ils ont obtenu, à titre provisoire, 32.000 quintaux sur Saône-et-Loire et ils croient savoir que le district de Mojitbrison est