‹ Saint-Etienne et son district pendant la RevolutionChapitre 191 sur 220 · SECTIONS FAMILLES INDIVIDUS · texte numérisé non relu

SECTIONS FAMILLES INDIVIDUS

L'Union 1 .050 3.830

Les Droits de rhonime 1 . 158 4.920

La Liberté • 824 3.560

L'Egalité 1.130 4 370

Totaux 4.162 16.680 (2)

On voit qu'à trois ans et demi d'intervalle, les chiffres sont les mêmes : 16,680 et 16,671. Il faut, cependant, observer trois choses : 1® le recrutement n'a cependant rien enlevé : quelques citoyens, une centaine peut-être (tous les inscrits aux contingents se faisaient armuriers); 2*^ la proscription n'avait fait fuir que quelques citoyens, mais bien des familles avaient cherché la paix dans les campagnes; 3"* enfin, le recensement ne compte pas toute la population flottante:.

Excepté — dit Pupil — plusieurs ouvriers qui s'étaient mis sur les armes de la réquisition ; qui tiraient leur nourriture de leur pays et qui n'eurent pas non plus de savon.

Des quartiers suburbains furent à ce moment recensés à part. Pupil dit:

La Monta, la Croix et la maison et' molière Poidebard n'étaient point de la ville ; j'en fis néanmoins le dénombremement à cause de la distribution du pain, du savon et de l'huile : il s'élevait à 868 individus.

Comme aussi l'Heurlon qui était de Valbenoîte : j'ai égaré ce recensement.

Ce que fut le travail purement municipal pendant cette sombre année ? Moins que rien.

La politique prend tout. Au District qui lui réclame un état de biens des émigrés, la Commune répond, le 5 ventôse (23 févr.).

(1) Pupil dit ailleurs : « .l'ai fait le dénombrement de la ville, des quatre sections ».

(2) Le rapport du nombre des individus aux familles s'exprime par les quatre coefficients.: 3,63; - 4,24 ; - 4,4i ; - 3.86.

qu'elle ac un milier d'afîaires » sur le bureau, qu'elle ne peut se charger d'une telle besogne et qu'elle va la confier à un comnnissaire.

Les impôts mal recouvrés, l'exercice 91 non réglé en 94, voilà la mesure. Rien ne se fait, à peine quelques însigniQantes réparations de b&timents (1) et de voirie. On délibère plusieurs fois sur les foires et les marchés pour aboutir au maintien de l'état des choses : les deux foires du 25 avril et du 21 décembre; les marchés des mardis, jeudis et vendredis. On ne peut faire réussir une organisation des marchés rapportée à la semaine de dix jours (2).

Les cimetières, toujours en projet, restent en projet. Le 25 pluviôse (13 fév.), il semble qu'on ne puisse reculer. Le 7 germinal (27 mars), on demande au District un terrain à Mi-Carème pour le cimetière des sections de la Liberté et de V Union et on décide la recherche d'un autre terrain pour un second cimetière des sections de VEgalité et des Droits (3). Cependant, même pressée par le danger obsédant des forges de la Grand au milieu des sépultures, la question n'est pas résolue. Elle ne devait l'être que vingt-cinq ans plus tard (4).

Le seul travail appréciable est la démolition des œuvres catholiques. On essaie de vendre les boiseries de la Grand (15 pluviôse- 3 fév.) ; celles des Minimes (25 floréal-14 mars) ; c'est bien plus tard qu'on utilise singulièrement les slalles de Sainte Catherine (5). On vend la chapelle de la Monta (25 germinal-14 avril) et les sépultures qui, depuis les temps de la grande peste, étaient l'objet d'une vénération presque deux fois séculaire ; le clocher de l'hôpital ayant besoin de réparation, on arrête qu'il sera démoli (11 ventôse-

(1) On peut noter le refus de payer 1.711 liv. polir les gradins 'de la Société populaire commandés par le District.

(2) Ce qui peut prouver queTusage du calendrier républicain était purement officiel, sur les papiers.

(3) La force de T habitude : on tient compte de la division en paroisse ; un cimetière pour la Grand, un cimetière pour Notre-Dame.

(4) Voir la curieuse délibération du 25 prairial an XIII (14 juin 1805). Les murs de soutènement du cimetière de la Grand ont cédé sur la rue de la Ville ; les murs écroulés, les sépultures ont suivi et Tinfection est intolérable.

(5) Lettre du District à la Commission des armes du ^ thermidor an III (15 aoûtd5) : « Nous n*apercevons aucun obstacle à ce que vous convertissiez les stalles de Sainte-Catherine en des roues nécessaires aux machines qui opèrent le polissage des lames de sabres. Vous le pouvez d'autant plus que vous annoncez qu'il n'existe que de débris de ces stalles b. (Archives de la Loire. L. 159).

i^f mars) ; on fait un grenier à fourrage de la chapelle de l'Hôpital (1); on donne à loyer la maison curiale, puis la maison de Tune des Petites écoles (25 germinal-avril). La chapelle de Valbenotle était devenue la Maison-commune, la salle des délibérations (2>.

Je ne relève de nomination aux services municipaux que celle d'un second « mandeur » (on proclamait tant de décrets et d'arrêtés !) et celle d'un agent voyer, François Jacasson, que je crois le premier directeur de la voirie stéphanoise (25 floréal-14 mai).

Vers la fin de Tan II, on reprend les projets de route.

Une pétition de la commune de la Fouillouse adressée à Reverchon le l^^*" thermidor (19 juillet) accuse la « ci-devant ville de Lyon » des retards apportés à la construction de la route de Roanne ; Reverchon renvoya au Département en insistant sur l'utilité de l'entreprise au point de vue du développement de la fabrication des armes et de l'exploitation des mines. Le 6 brumaire, an III (27 oct. 94), l'ingénieur en chef donnait un rapport sommaire sur l'étude de la route vers le Rhône. Un arrêté du Bépartement du 19 frimaire suivant (9 déc.) convoquait les ingénieurs et les administrateurs des districts intéressés à la « route de Pierre-de-bœuf « sur le Rhône à Roanne sur la Loire traversant les principales « communes de Beaulieu, Commune-d'Armes et Feurs ». C'est dans cette réunion que furent décidées les études définitives sur le terrain auquel le Département délégua Johannot.

Le 23 frimaire (13 déc), un arrêté du représentant Lemoyne, en mission pour les mines et les armes, décide qu'il sera étudié en même temps le tracé d'un embranchement de Bourg-Argental à Montfaucon par Déome (Saint-Sauveur).

L'entretien des routes avait été fort négligé depuis le commencement de la guerre civile et elles avaient subi un extraordinaire trafic. Le 25 floréal (14 mai), Fricault, l'ingénieur des Ponts, dit au Département qu'elles sont si mauvaises que les voituriers se croient obligés de les abandonner (3). Le 24 thermidor (il août), le District arrête qu'elles seront, sur son territoire, « réparées révolutionnairement par la voie de la réquisition », les terrassiers,

(1) Voir Morel.

(2) Voir le District 4brum. an III (35 octobre) : on autorise pour Thiver une installation moins fraide dans une salle du couvent séquestré sur Antoine Molle aine qui l'avait acquis en 1790.

paveurs et voiiuriers payés aux tarifs du Maximum, Le 12 brumaire an III (2 nov. 94), le Comité des Travaux publics de la Convention enregistre l'annonce de ces mesures qui doivent maintenir la circulation < sur le point d'être interrompue » (1). Mais le 90 frimaire suivant (20 décembre), on affirme au District que le transport des charbons est impossible dans la direction de Saint-Just-sur-Loire, tant la route est en mauvais état.

Les vitesses des transports devaient être nécessairement fort réduites sur des routes aussi mauvaises. J'en trouve une preuve dans un arrêté du District du 27 fructidor (13 sept. 94). Le nombre des voyageurs devenant plus considérable, le District décide qu'il y aura le matin deux voitures : la première, sorte de courrier, chargée des dépèches, devait partir à six heures ; la seconde, réservée aux voyageurs, à huit heures. Or, l'horaire du courrier est ainsi indiqué : Saint-Elienne, 6 h. — Saint-Chamond, 7 h. 1/2. — Rivede-Gier, 9 h.

De cette municipalité date, cependant, une mesure de l'autorité supérieure qui agrandit notablement la commune et lui donna rétendue qu'elle conserva jusqu'au milieu du xix». Le 28 vendémiaire, an III (19 oct. 94), le District enregistre un arrêté de Charlier et Pocholle, en mission à Lyon, par lequel les quartiers de la Croix, de l'Heurton (2) et du Bas-Vernay sont rattachés à Communed'Armes.

Les nouveaux quartiers annexés formèrent de suite unecinquièiHe section fort mal dessinée. Mais une répartition plus convenable ne tarda pas à être arrêtée. La section de Chavanol dite Egalité, augmentée de l'Heurton et du Bas-Vernay, fut divisée : une moitié Sud- Ouest avec le Bas-Vernay et la rue de Valbenoîte conserva le nom de Section de VEgalité ; une autre moitié Nord-Est, avec l'Heurton et Ghavanel fut appelée Section de la Paix. En thermidor an III (juillet-août 95), ces appellations sont officielles.

J'ai dit plus haut (page 620) en quelles circonstances je croyais qu'en germinal, la place Cbavanel s'était officiellement appelée place de VEgalité.

(1) Archives nationales ÂF n. 190.

(2) Ce quailier de VHeurton venoit d*étre assez sérieusement ravagé en messidor par une inondation de la petite rivière le Chavanelet. — Archives de la Loire. L. 167.

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