LA « COMMISSION RÉVOLUTIONNAIRE » DE LYON
des mouvements sanguinaires et rallumer des passions liberticides, si, par une pitié aussi mal conçue que dénaturée, on apportait quelque délai à la punition du crime;
Considérant qu'à l'apparence d'un nouveau complot, qu'à la vue d'une seule goutte de sang d'un patriote, le peuple, irrité d'une justice trop tardive, pourroit en diriger lui-même les elTets, lancer aveuglément les foudres de sa colère et laisser, par une méprise funeste, d'éternels regrets aux amis de la Liberté ; Considérant que le seul point que réclame l'humanité de la justice, la seule pensée qui doit pénétrer l'àme est de sauver du milieu de ces repaires de brigands, le patriotisme qu'un excès de scélératesse pourroit avoir confondu avec le crime ;
Les représentants du peuple, inébranlables dans l'accomplissement de leur devoir, fidèles à leur mission.
Arrêtent ce qui suit :
Art. 1. — Il sera établi, dans le jour, une Commission révolutionnaire composée de sept membres.
AnT. 2. — Les membres sont :
Parein, président, Brunière, Lafave, Fernex, Marcellin, Vauquoy et Andrieux l'ai né.
Art. 3. — Cette Commission fera traduire successivement devant elle tous les prisonniers pour y subir un dernier interrogatoire.
Art. 4. — L'innocent reconnu sera sur le champ mis en liberté, et les coupables envoyés au supplice.
Art. 5. -— Tous les condamnés seront conduits, en plein jour, en face du lieu même où les patriotes furent assassinés, pour y expirer, sous le feu de la foudre, une vie trop longtemps criminelle.
COLLOT, — FOL'CHK, — ALBITFE, -- DE LaPORTE.
Marcellin, Vauquoy et Andrieux ne siégèrent pas. Un citoyen Corchand les remplaça (21 frimaire-11 décembre): la C-ommission fut ainsi réduite à cinq membres.
Un autre arrêté des mêmes représentants, supprima, le 19 frimaire (9 décembre), la section de Lyon de la Commission de Justice populaire. La Commission révolutionnaire demeura donc, à Lyon, le seul tribunal exceptionnel.
C'est cette Commission qui jugea les Stéphanois ; il importe de regarder.
Pierre-Marie Parein et André Corchand étaient de Paris; le premier avait déjà présidé une Commission militaire à Angers. Joseph Fernex, canut de Lyon, avait été appelé d'abord au Tribunal civil de cette ville. Lafaye aîné, frère du procureur-général syndic de la Loire, était l'ancien châtelain de la justice de Senevas, au-dessus de Saint-Romain-en-Jarez. Pierre-Aimé Brunière était un capitaine du bataillon de la Nièvre,