‹ Saint-Etienne et son district pendant la RevolutionChapitre 43 sur 220 · APPEL AUX DÉNONCIATEURS DANS LA LOIBE · texte numérisé non relu

APPEL AUX DÉNONCIATEURS DANS LA LOIBE

bien qui Ta signée est aussi un exaspéré par amour du juste ; à ce point, qu'il ne s'aperçoit pas de TefTet de cet odieux mot de « vengeance x» prononcé par un magistrat, prononcé au nom des victorieux. Toujours « impitoyables par humanité ».

Elle contient une affirmation qui est l'éloge du pays : « Votre empressement à nous instruire, n'est pas tel que nous l'attendions ». Les injonctions qui terminent prouvent bien qu'on ne prévoyait aucune disposition à apporter les dénonciations qui devaient faire immoler les vaincus.

Le Comité révolutionnaire de Saint-Etienne, lui aussi, adressa son appel au patriotisme de ses concitoyens, le )3 frimaire (3déc.) :

Citoyens,

Vous avez lu l'adresse de l'accusateur public auprès de la Commission de Justice populaire établie à Feurs; vous y avez vu vos devoirs et nous les nôtres : le Comité révolutionnaire n'auroit rien à y ajouter si vous eussiez, de tous vos elTorlSf secondé son zèle et son républicanisme; il n*auroit rien à y ajouter si, vous tous, unis par les mêmes sentiments, vous vous fussiez empressés de lui désigner les conspirateurs de tous {genres ; il n'auroit lien à y ajouter s'il n'exisloit parmi vous nombre de personnes qui, retenues par de vaines considérations, qui retenues par une criminelle inertie, qui enHn, à peine sorties d'un précipice, pardonnent à ceux qui n'épient que l'occasion de les entraîner dans un nouvel abime ; il n'auroit rien à y ajouter si vous ne laissiez à un petit nombre de Sans-culottes, que vous bbàmez peut-être, le soin de dénoncer les coupables ; il n'auroit rien à y ajouter enfin si ceux qui ont été tyrannisés tour à tour par les Aristocrates el par les Fédéralistes venoient dénoncer leurs intrigues el leurs tyrannies.

Mais, citoyens, quelle est notre surprise? Quel est notre étonnement ? Ceux qui ont été le plus en butte aux persécutions se taisent et sur ceux qui sont dans les fers et sur ceux qui jouissent d'une liberté dont ils sont indignes. Seroil-il vrai que, vous, qui avez exposé votre vie pour repousser les contrerévolutionnaires, qui avez eu assez de courage pour faire mordre la poussière à un ennemi a.ssaillant, n'osiez dénoncer celui qui ne se déguise que pour mieux vous assaillir? Seroil-il vrai encore que séduits par les prières, vous craigniez le devoir de dénonciation ?

Citoyens, jusqu'ici vous avez servi la chose publique, vous avez chassé les contre-révolutionnaires de votre comnïune, vous avez vaincu les royalisles à Montbrisé et à Vil le- Affranchie ; de toutes parts leurs fauteurs et leurs complices périssent sous le glaive de la Loi ; jugez quel danger vous menace si vous n'achevez votre ouvrage. Pénétrez-vous bien de cette vérité que n'cxistât-il qu'un aristocrate, il travaillera sans cesse à venger ses amis, et autant vous en laisserez autant vous pourrez compter d'assassins.

Entraînés par ces considérations, justifiez et secondez le zèle du Comité révolutionnaire; rappelez-vous sans cesse que dénoncer le coupable est le plus saint des devoirs et que vous devez dénoncer tous ceux qui, par leurs discours et leurs intrigues, ont propagé l'esprit de contre-Révolution, tous ceux qui ont secondé les rebelles lyonnois, tous ceux qui ont calomnié et persécuté les amis du peuple, tous ceux qui, dans ce moment, s'agitent et intriguent pour fana-

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