LES FÊTES DE L'ABOLITION DU CULTE
LES FÊTES DE l'aBOLIÏION DU CULTE
Le registre de la Commune ne dit rien à cet égard. Mais il convient de remarquer qu'il ne renseigne pas mieux sur d'autres fêtes très importantes : celle du 10 nivôse, notamment. Le procès-verbal du 26 frimaire (16 décembre), contient l'indication suivante :
Lecture aélé faite d'une lettre des citoyens Dorfeuille et Millet, commissaires nationaux (I), qui invitent le Conseil général à présenter un plan pour célébrer le jour de la décade prochain, consacré au culte immortel de la Raison, l'amour de l'humanité, le triomphe de l'innocence opprimée et de la justice, la destruction du fanatisme, les lois simples et sages de la Natuie reprenant leur empire.
Le Conseil général arrête que son Bureau d'exécution lui fera un rapport sur cet objet dans la prochaine séance à laquelle les citoyens Dorfeuille et Millet seront invités de se trouver.
On ne voit ni le rapport, ni aucune fête le 30 frimaire (20 décembre). Sur cette indication, on pourrait croire qu'aucune fête hébertiste n'avait été célébrée jusque-là. Il est assuré, cependant, que la Société populaire avait célébré le 20 frimaire (10 décembre) la fête de Chalier dont je vais parler. Mais avait-on vu avant quelques fêtes du genre de celles qu'on voyait à Paris? Les procès-verbaux de la Société populaire renseigneraient.
On en a gardé le souvenir, sans grande précision, en mêlant les cérémonies, en y associant toujours Javogues qui, d'abord n'était pas là. On s'est souvenu des cortèges, de la procession selon le rituel hébertiste : hommes en bonnet rouge, filles en blanc, municipaux en écbarpe, ânes couverts de chasubles, etc. On a rappelé le burlesque cortège parcourant la ville, s'en allant accomplir quelques moqueries dans les églises, chanter quelques invocations autour des arbres de Liberté et enfin se rendant à l'église Notre- Dame, temple de la Raison.
Mais, je répète que ces souvenirs sont très confus. Pupil, par exemple, parlant de Dorfeuille, dit :
C'est lui qui dirigeait une partie des fêtes qu'on faisait, parmi lesquelles il y en avait un peu en esprit diabolique, surtout celle où on avait orné un âne avec des ornements d'église ; en avant, était un particulier habillé en prêtre
(1) Commissaires pour la fabrication des armes.