LE TRAVAIL — LA SOIE
22 septembre 1)3.
Citoyens,
Vous (levez, conformément à la loi, faire brûler les registres de la concession de Hive-de-Gier qui sont au rang des titres féodaux.
Vous avez été longtemps opprimés par une Compagnie de brigands qui vous voloit impunément ; la Révolution vous débarrasse de ce fléau. Songez à mériter ce grand bienfait par votre patriotisme ; soyez reconnaissants ; rendez en services à la Patrie ce qu'elle vous rend en droit et en propriété (1).
Le siège de Lyon, par les routes fermées et la mobilisation à outrance, avait tout à fait brisé le ressort industriel à Saint-Etienne et la quincaillerie en était morte. Déjà, avant, la situation était des plus difficiles : les frontières investies, le commerce maritime interrompu, le change de l'assignat qui, en janvier 93, ne valait que 60 p. 100 de son titre en numéraire ; toutes ces circonstances rendaient les exportations impossibles. Restait le marché français : le siège de Lyon le fit perdre. Le siège fini, il y eut quelque reprise, mais trop peu importante.
Il m'est impossible d'appuyer ces observations sur des chiffres ; mais, dans les grandes lignes, les faits ne sopt pas contestables.
La quincaillerie utile à l'armement ou à l'équipement était assez occupée : on fabriquait des éperons, des étriers; mais les commandes étaient insuffisantes pour masquer le vide des ateliers.
La clouterie de Saint-Ghamond, en revanche, suffisait à peine. Là, le régime des réquisitions ne tarda pas à être nécessaire : réquisition de matière première fournie en compte aux fabricants; réquisition de presque toute la production au profit de l'Etat. A la fin de Tan II, on dut installer un agent pour surveiller ces réquisitions. Le ^9 fructidor (15 sept. 94}, le District dit que, pour chaque fabricant, on tiendra comptabilité du fer vendu et des clous rapportés.