Une autre recension porte plus justement Eusthonitis
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avec nous une foule de gens dont plusieurs étaient atteints de différentes maladies. A Tinstant où ils sentirent cette douce odeur, il y en eut soixante-treize qui recouvrèrent la santé. Chez d'autres, les démons qui les possédaient furent chassés ; là c'est une perte de sang qui s'arrêta, ici ce furent des écrouelles et des furoncles qui se trouvèrent guéris ; ceux-ci furent guéris d'une fistule, ceux-là de fièvres tierces ou quartes. Les ims se sentirent délivrés de la fièvre et d'autres de la jaunisse; ici c'est une céphalalgie qui disparut, et là une migraine; plusieurs se trouvèrent guéris de douleurs secrètes d'entrailles; enfin il se fit beaucoup d'autres guérisons qu'il me serait trop long de rapporter en détail. Après avoir baisé les saintes reliques, on referma le cercueil, et on porta celles de saint Etienne, en chantant des psaumes et des hymnes, à la sainte église de Sion où il avait été ordonné archidiacre. On nous abandonna quelques parcelles des membres du saint. Que disje, des parcelles? de très grandes reliques, de la terre et de la poussière de l'endroit où toute la chair de son corps s'était consumée, et on emporta le reste.
J'envoie donc de ces reliques à votre béatitude ; quand vous les aurez reçues, priez pour mon humble personne, afin que je sois trouvé digne aux yeux du Seigneur quand j'apparaîtrai devant lui, appuyé sur les mérites du bienheureux martyr saint Etienne et sur vos prières. La translation de ces reliques s'est faite le vingt-six de décembre. A cette époque régnait déjà depuis longtemps une sécheresse désolante, mais à l'heure même de la translation, la pluie tomba en abondance et abreuva la terre. Tout le monde glorifiait le Seigneur, à cause de son saint martvr Etienne, et à cause du trésor céleste de grâce et de miséricorde que le Seigneur Jésus-Christ daignait ouvrir au monde en péril, lui qui vit et règne dans les siècles des siècles. Amen. »
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On a remarqué que dans cette invention la révélation donne le premier indice, mais ensuite tout se passe k la lumière d'une enquête publique et légale. Le principal témoin et le juge de la cause, c'est Tévêque Jean, deuxième du nom (386-416 ou 417). Jean n'était pas un Athanase, il n'était pas non plus un prélat courtisan ; assez mal traité par saint Jérôme et par saint Epiphane, il est resté cher à l'Eglise grecque pour avoir pris le parti de saint Jean Ghrysostôme contre Théophile d'Alexandrie. Au moment précis où nous sommes arrivés, il était à Diospolis ou Lydda (aujourd'hui Ludd) où il tenait un concile pour juger Pelage. Le résultat fut singulier : les erreurs de l'hérétique furent condamnées, mais Pelage les anathématisa lui-même et fut absous (20 décembre 415). Assurément on aurait pu souhaiter chez l'évêque plus de fermeté, mais rien n'autorise à le considérer comme un esprit léger et crédule, encore moins comme un prévaricateur.
Informé par le prêtre Lucien de la révélation, Jean la voit d'abord confirmée par des faits précis, puis il se transporte sur les lieux avec deux évêques, Eustonius de Sébaste et Eleuthère de Jéricho. La vérification est facile. D'après le récit de Lucien, on l'attend pour ouvrir les sarcophages. Celui d'Etienne se manifeste par un parfum céleste et des guérisons miraculeuses. Le pontife n'hésite plus, il emporte le corps à l'église de Sion où l'évêque avait toujours eu sa chaire et qu'on nommait, à Jérusalem, la mère de toutes les églises, celle dont saint Etienne avait été le premier diacre.
Ce jugement de Jean fut maintenu par Prayle, son successeur. Aussi indulgent de caractère que de nom, nous dit Théodoret (Théod. 5, 37), il n'était pas cependant homme à tolérer l'erreur, fallût-il se rétracter pour la combattre. Il chassa de Palestine Pelage qui l'avait d'abord abusé. Sur la demande
de Pulchérie, il envoya à Constantinople la main droite de saint Etienne par le diacre Passalion * .
Juvénal (428-458), si ondoyant dans les grandes questions théologiques, si semblable à lui-même dans son parti pris d'obtenir pour le siège de Jérusalem la dignité métropolitaine et patriarcale, Juvénal mit le sceau au jugement de ses prédécesseurs en autorisant la construction de la basilique qui devait renfermer les reliques du martyr. Or, parmi ses ennemis qui le forcèrent même à s'exiler, nul ne lui en fît un reproche. L'Eglise de Jérusalem s'est donc prononcée à une époque où elle était gouvernée par des évêques instruits et prudents, obligés à la plus extrême circonspection ; son jugement canonique approuve et ratifie le récit de Lucien.
Aussitôt la prodigieuse nouvelle se répand dans tout le monde romain. En Afrique, saint Augustin l'accueille avec faveur. Dans son traité sur saint Jean (102® traité), il y fait allusion : « On doit entendre que ce ne fut pas la seule fois que Nicodème vint à Jésus, mais la première; il y vint plus tard pour l'écouter et se faire son disciple, ce qui vient d'être
1. Nous ne parlons pas d'une prétendue translation des reliques de saint Etienne à Constantinople, dont le récit est contenu dans une lettre d*Anastase à Lauduleus, évêque de Gapoue, et soi disant traduite du grec. Il n'y a rien, en effet, à dire d'une pièce apocryphe qui, après la translation des reliques par l'évêque Jean (415), nous ramène au temps de Constantin et au dixième consulat de cet empereur qui n'a été que huit fois consul. On nous montre à cette date Cyrille, évêque de Jérusalem (350-386) et contemporain d'Eusèbe, sans doute Eusèbe de Nicomédie mort en 338, l'année qui suivit la mort de Constantin. Dans l'impossibilité de concilier ces énormités chronologiques, quelques Grecs ont choisi la première date indiquée, et on crut la translation postérieure à l'invention authentique. Nicéphore Calliste (14, 19) a préféré supposer des reliques différentes de celles qui furent découvertes en 415. Le mieux est de rejeter purement et simplement un écrit dont le caractèreapocryphe se montre encore au merveilleux de mauvais aloi dont il est rempli.
INVENTION DES REUQUES DE SAINT ÉnTlENNE 55
révélé avec certitude à presqpie toutes les nations par Tinventioa do corps àa bienheureux Etienne. » Le prêtre Avitus, réfogié en Palestine, traduit du grec en latin la lettre de Lucien, et la transmet par TEspagnol Orose à PalchoniusN, évêque de Braga.
Gennade de Marseille mentionne cette lettre dans son catalogue des écrivains : « Lucien, prêtre et saint, auquel Dieu a révélé, du temps d'Honorius et de Théodose Augustes, le lieu du sépulcre et des restes du corps de saint Etienne, premier martyr, a écrit cette révélation même aux membres de toutes les Eglises. »
Le prêtre Sévère écrit une lettre circulaire sur les miracles opérés par ces reliques dans Tîle de Minorque pour la conversion des Juifs. En Italie, la chronique du comte Marcellin^ presque contemporain (sa chronique finit en 534), témoigne de la croyance générale, confirmée par le siège apostolique.
Basile de Séleucie, en Isaurie, se félicitait de vivre dans le temps de cette manifestation glorieuse du saint martyr. Il place Finvention sous Févéque Jean^.
Faut-il ajouter au témoignage des hommes d'Eglise celui de la cour impériale? Il n'a pas assurément de valeur canonique, mais il n'est pas sans poids ; on connaît la passion théologîque des princes, plus enclins à imposer leurs avis aux évêquea qu'à recevoir leurs décisions. Théodose le jeune, Pulchérie et Eudocie sont d'accord pour vénérer les reliques de saint Etienne; l'Occident demande à les partager*^.
On a douté, il est vrai; les lettres mêmes que nous avons citées l'attestent, parce que révènement était extraordinaire,
i. Sermon XLI, Migne, P. G. B5, p. 463 et s. Les éditions achieltes donnent au lieu de la découverte le nom de :capYa(i«Xà, mais Terreur est facile à corriger.