A, Courcl, la Palestine sous les empereurs grecs, p
Quomodo obsciiratuni estlfiurum^ mulnfun coloroptimus^ dispcruiRtinf lapides sanctu^ru in capite omnium pînteîimm ?
(Lam., iv^ 1.)
Comment rors'ost-il obscurci, comment sa brillante couloiir B*est-ellc chaii|i:ée?
Comment les pierix^s du sanctuaire ontelles été dispersées dans toutes les places ?
La basilique d'Eudocie n'était pas une sorte de sanctuaire votif, élevé où il plut à Timpératrice, sans aucun rapport avec le lieu de la lapidation ou avec les dépouilles mortelles de saint Etienne.
Bien différentes étaient les préoccupations de TÉglise primitive. Un concile de Garthage avait déclaré que les églises en rhonneur des saints peuvent être élevées seulement dans les lieux où reposent leurs reliques et datis ceux où ils ont vécu, où ils ont souffert, et encore dont ils ont été les possesseurs (conc. Carth. iv, an. 398, can. 14-), Cette discipline était très probablement générale. Elle était même beaucoup plus gênante en Occident, où Ton n'admettait pas les translations de corps saints, ni le partage de leurs reliques, avec la
i. Il y aurait lieu de décrire ici l'église d'Eudocic, mais nucun historien contemporain ne nous a transmis de détuils sur sofi style : nous devons donc renvoyer ce point après l'examen des fouilles.
2. L'authenticité de ces canons est disputée» mais ils sont certainement les témoins de l'ancienne discipline.
même facilité qu'en Orient. Lorsque Constantin fonda sa nouvelle capitale, il usa de son autorité pour se procurer les corps des saints auxquels il voulait consacrer des églises. Nous avons vu Pulchérie élever une basilique à saint Etienne pour y déposer la main droite du saint. Il est donc certain d'avance que la basilique d'Eudocie a été élevée sur le lieu du martyre de saint Etienne ou qu'elle a contenu son corps.
Mais l'idée qui se présenta naturellement et qu'on réalisa fut de remplir les deux conditions à la fois. Depuis sainte Hélène, on avait coutume, en Palestine, d'ériger des monuments splendides dans tous les lieux qui rappelaient les grands souvenirs du Nouveau et de l'Ancien Testament. N'était-il pas opportun d'élever une basilique à saint Etienne au lieu de sa lapidation ?
De plus, les reliques du saint transférées dans l'église de Sion, avec tant de miracles, attendaient encore un temple digne d'elles. Une partie de ces saintes reliques avait été distraite en faveur de pieuses demandes, mais il est impossible de supposer que l'église de Jérusalem, si désireuse de s'enrichir de ce corps sacré au détriment de Caphargamala, se soit dépouillée de tout son trésor.
On croyait savoir où avait été lapidé saint Etienne. La tradition qui n'avait pas hésité pour désigner l'emplacement du Calvaire et du Saint-Sépulcre, malgré des transformations intentionnelles, a pu conserver le souvenir de ce lieu d'autant plus facilement qu'il avait un caractère officiel. C'était le lieu des supplices pour les Juifs. Nous avons dit que, malgré leur emportement, les ennemis d'Etienne durent se piquer d'observer les traditions légales, quand elles n'étaient pas incompatibles avec leur zèle furieux.
D'ailleurs, nous n'en sommes pas réduits aux conjectures ou à des témoignages tardifs. La basilique n'était ni consa-
LES DESTINÉES DU SA5CTCA1RE DE SAiKT ÉTIEKNE "73
crée, ni même achevée, on était sous l'épiscopat de Juvénal qui devança Eudocie dans la tombe d'environ deux ans (4S8) et déjà un contemporain, un évêque, Basile de Séleucie, disait à ses fidèles en quel lieu la basilique était construite : « Les restes du bienheureux sont déposés, selon la volonté d'Etienne lui-même, devant les murs de Jérusalem, au lieu où, lapidé et souffrant une mort célébrée dans le monde entier par d'illustres louanges, il avait ceint la brillante couronne du martyre, Juvénal qui orne aujourd'hui le trône glorieux et fameux de Jacques, lui bâtissant une église digne de sa mémoire, de ses travaux et de ses admirables combats^ ».
Nous ne connaissons pas les cérémonies qui accompagnèrent la translation des reliques, nous savons seulement'^ qu'on laissa dans l'église du cénacle la pierre sur laquelle saint Etienne avait été lapidé, sans qu'on nous dise si elle avait été conservée là dès les premiers temps de l'Eglise, ou apportée plus tard.
Eudocie bâtit, auprès de la basilique, un monastère considérable. Elle mit à sa tête Gabrielos, élevé dans la solitude par Euthyme^, sur un ordre exprès du ciel. Gabriel était Cappadocien. Son amour pour la vie anachorétique lui rendait pesant le gouvernement d'un grand monastère comme celui de saint Etienne. « Après avoir été higoumène pendant vingt-quatre ans, il se construisit un petit monastère dans la vallée du temple auguste de l'Ascension, à l'Orient, où, à l'imitation d'Euthyme, il se retirait après l'octave des saintes Théophanies pour y demeurer jusqu'à la fête des Palmes. Il était ami de l'étude pour laquelle il avait d'heureuses dispositions. 11 parlait grec, latin et syriaque. Il mourut la 80® année