VI AU LECTEUR
pouvoir jamais se reconnaître, et qui ne tarde pas cependant à s'éclaîrcir et à s'harmoniser.
Sur le sol, comme sur un vaste plan, se dessine une basilique du type constantinien et de dimensions grandioses : l'atrium, la nef, le presbytèï'e se reconnaissent aisément. Autour du bâtiment principal on restitue, sans trop d'efForts, les dépendances qui donnent l'idée d'un monastère en rapport avec la basilique par son style et ses proportions. Puis, à droite et à gauche, des sépultures de dates diverses, mais de même inspiration, suivant ce que nous savons des premiers âges chrétiens, où Ton aimait à dormir son dernier sommeil à l'ombre des sanctuaires illustres.
Un peu d'attention permet de constater la destruction violente de ces premières constructions , où la main de l'homme a promené le marteau et la torche avec une haine savante; — puis l'érection d'une égjise plus petite sur la partie la plus vénérable de la basilique incendiée et rasée, — et enfin sa ruine par les ■ mêmes procédés sacrilèges. Ainsi, dès les origines du christianisme, il y eut, à cet endroit, l'un de ces mouu^ ments célèbres où l'on venait prier des quatrecoins du monde, — où des chœurs de clercs et de moines chantaient nuit et jour les louanges de Dieu, — où s'assemblaient deg conciles, — où les empereurs s'asseyaient pi*ès des patriarches, au milieu d'une foule qui ressem^ blait à un peuple. Après quoi était venue quelqu'une de ces tempêtes dont fut bouleversé l'Orient chrétien :