AU LECTEUR IX
venir se perdit de cette tombe cachée sous tant de ruines. Une révélation la montra au prêtre Lucien, qui recueillit les cendres d'Etienne et les déposa dans le sanctuaire du Mont-Sion. C'est là que l'impératrice Eudocie, femme de Théodose le Jeune, les prit pour leur donner une sépulture définitive, croyait-elle, au lieu même du martyre, glorifié par une basilique rivale de celles qu'Hélène avait construites sur les autres lieux saints.
L'invasion des Perses trompa les espérances d'Eudo-rcie : la basilique fut incendiée par eux, et les guerres qui suivirent achevèrent sa ruine. Les chrétiens profitèrent d'un apaisement momentané dans cette tourmente pour élever sur le même emplacement une chapelle ou oratoire, que les pèlerins visitaient dès le IX® siècle, et qui vit les premiers croisés déployer leurs tentes à son ombre. Détruite par les habitants de Jérusalem dont elle gênait la défense, cette église fut remplacée par des écuries où Saladdin logea ses bêtes de somme, et qui devinrent plus tard une sorte d'hôtellerie pour les visiteurs étrangers de la ville sainte. Puis VAsnerie elle-même s'écroula, couvrant de ses décombres les derniers vestiges de la basilique eudocienne. Le souvenir de saint Etienne parut déserter ces ruines déshonorées, et la piété des pèlerins se porta vers la vallée du Cédron, où des traditions nouvelles fixaient le lieu de son martyre.
Il semblait donc que tout fût fini, pour ce coin de