‹ Saint Ferdinand III (1198?-1252) (volume 2)Chapitre 11 sur 22 · I. Le P. de Ligny> op, citât,, p. i · texte numérisé non relu

I. Le P. de Ligny> op, citât,, p. i

tourna en Portugal et y fonda, à Arouca, un monastère de Tordre de Citeaux, où elle acheva ses jours dans la pratique la plus éminente des vertus chrétiennes. De même que sa sœur, elle est honorée d'un culte public et immémorial, qui a été approuvé par Pie VI le 1 4 mars 1792 ; le martyrologe d'Espagne fait mémoire d'elle le I*' mai.

Bérengère tenta de nouveau de soustraire son frère à Âlvaro, dont la tyrannie ne connaissait plus de bornes ; mais le comte, ayant surpris un de ses émissaires, eut l'audace de contrefaire l'écriture de la régente et de montrer au jeune roi des lettres dans lesquelles Bérengère était

lencia^ d'examiner si la parente des deux ëpoux n'était pas un obstacle à la validité du mariage, et dans le cas où elle en serait un, de prononcer la nullité de cette union. Les évéques furent d'avis qu'il existait un lien de parenté au degré prohibé; nous devons observer cependant qu'un décret d'Alexandre III (pape de 11 69 à 1181) avait borné l'empêchement de parenté au quatrième degré canonique inclusivement, règle qui est encore en vigueur de nos jours ; le quatrième concile œcuménique de Latran avait confirmé ce décret, l'an iai5, en ajoutant qu'entre parents à des degrés inégaux, le mariage était désormais permis, si Tun d'eux ne descendait de l'auteur commun qu'à un degré plus éloigné que le quatrième. Or, le mariage de Henri de Castille et de Mafalda de Portugal ne fut célébré qu'en iai6.

ENFANCE ET ADOLESCENCE LE SAINT FERDINAND. 35 de lui demander que Ferdinand vint rendre visite à sa mère, qai ne l'avait pas vu depuis longtemps. Alphonse ne fit aucune difficulté, et Ferdinand, ignorant du sort qoi l'attendait, rejoignit Bérengère à Otella. C'était un modèle de sagesse que cet adolescent, dit la leçon quatrième de l'office de saint Ferdinand. Les grands qui entouraient Bérengère le saluèrent avec joie comme leur nouveau monarque et cherchèrent à lui obtenir la soumission d'Àlvaro; celui-ci déclara qu'il ne reconnaîtrait Ferdinand que s'il éuit nommé son tuteur : cette condition inacceptable fut rejetée, et Alvaro s'empressa d'informer Alphonse IX de ce qui se passait et de l'inciter à disputer la couronne à son fils. Le roi de Léon fit en effet envahir la Castille par son frère Sanche, à la tète d'une armée; maïs Bérengère, accompagnée de Ferdinand, avait gagné Valladolid; elle y convoqua les États de CasUlle, et, lorsqu'ils furent réunis, elle leur exposa que son père Alphonse, avant qu'il eût eu des fils, l'avait désignée pour son héritière par un acte royal qui était resté en dépôt dans la cathédrale de Burgos, et qu'il lui avait fait prêter serment en cette qualité par les États. L'assemblée reconnut

La nouvelle de la proclamation et du couronnement de Ferdinand ne détourna pas Alphonse de Léon de ses prétentions ; il pénétra lui-mime en Castille, avec l'espoir de s'en rendre maitre : Alvaro l'encourageait, en lui promettant son concours. Vainement Bérengère lui députa l'évêque de Palencia et l'évêque de Burgos, pour le conjurer de renoncer à ses desseins : il continua sa marche vers Burgos, espérant s'emparer de cette ville par un coup de main ; mais elle était bien défendue par Lope de Haro ; d'autre part, contrairement à ce qui lui avait été dit, les populations, sur son passage, se montraient partout fidèles à Ferdinand : il se rendit compte de l'inutilité de sa tentative et rentra dans ses États.

Mai» Alvaro et ses frères, Gonzalès et Ferdi-

États de son fils. Mais le sentiment national se manifesta spontanément en faveur du jeune roi : les grands levèrent une armée et, sans attendre les ordres de Ferdinand, coururent au-devant d'Alphonse, le rejetèrent hors des frontières de la Castille, pénétrèrent eux-mêmes dans le Léon et s'enfermèrent dans Salamanque, dont Alphonse fut contraint de faire le siège. Au même moment, Alvaro, terrassé par une maladie soudaine, mourait en témoignant un profond repentir de son infâme conduite^; le roi de Léon, qui se voyait privé de son concours, alors que ce concours lui eût été le plus nécessaire, offrit aux sujets de son fils une paix qui fut acceptée. Quant à Ferdinand et à Gonzalès de Lara, poussant la révolte jusqu'aux dernières limites, ils se rendirent auprès de l'émir de Maroc, dans le but de l'engager à tenter unje expédition contre l'Espagne; mais Ferdinand succomba presque aussitôt son arrivée, et Gonzalès ne réussit pas à se faire écouter. Loin d'être découragé par tant d'échecs successifs, ce dernier eut l'audace de

I . BëreDgère eut, dit-on, la générosité de pourvoir aux frais de ses funérailles, car il était mort dans le plus complet dénuement.

demander la main de celle-ci en faveur du roi de Castille. La négociatioD du mariage ne dura pas moins de quatre mois; les envoyés repartirent enfin, emmenant avec euxBéatrix; ils traversèrent la France en passant par Paris, où la future reine de Castille fut reçue avec beaucoup d'égards et d'amitié par Philippe Auguste et par la belle-fille de ce roi, Blanche de Castille, dont elle allait épouser le neveu. Le mariage fut célébré à Burgos, le 3o novembre i a 1 9 ' ; trois jours auparavant, Ferdinand avait entendu la messe au monastère de las Huelgas, et s'était ensuite armé lui-mime chevalier, en prenant sur l'autel le baudrier et l'épée bénite dont il s'était ceint.

L'union de Ferdinand et de Béatrix, qu'aucun nuage ne troubla jamais, donna naissance, dans l'espace de moinsde quinze années, kdîxenfants: Alphonse, qui succéda à son père comme roi de Castille et de Léon, sous le nom d'AlphonseX;

I. Ferdinand et B^atrii étaient parents au cinquième degrë canonique, comme descendant l'un et l'autre de Guillaume 1°', comte de Bourgogne; ils l'ignoraient très probablement; d'ailleurs, les règles posées par le quatrième concile de Latnn leur permettaient de se marier sans dispense, comme ils le firent de bonne foi.

ni à une certaine paresse d'esprit ou à uneicertaine mollesse de caractère de la part du\ jeune roi, nî, de la part de sa mère, à un besoin/ de domination, très fréquent dans les âmes) grandes et dévouées; elle était raisonnée et vo-/ lontaire : Ferdinand avait une entière confiance dans la clairvoyance de Bérengère, et il estimait, en suivant toujours ses avis, remplir son devoir de fils et de chrétien, et s'acquitter aussi d'un devoir de reconnaissance, car s'il était déjà roi, c'était parce que sa mère lui avait cédé le trône. Aucun texte, d'ailleurs, ne donne lieu de croire ni de supposer que Bérengëre ait abusé de son ascendant ou de son autorité, ni qu'elle se soit montrée jalouse ou tracassière vis-à-vis de sa belle-fille; la malignité publique, il est vrai, n'était pas, comme en France, à l'affût déjà des racontars de palais, et prompte à surprendre et à grossir les petites querelles de famille.

Alphonse de Léon se voyait à son tour troublé dans son gouvernement par des séditions; loin de seconder les factieux du Léon, ou même de garder une neutralité qui n'aurait eu rien que de légitime, Ferdinand s'empressa d'aider son père à soumettre les rebelles en lui envoyant du ren-

« fois le plus contraires, n'ont plus poar vous a que des égards et des respects. Ce sont donc « vos amis que vous attaquez; n'est-ce pas com- « battre contre vous-même? Si je voulais user « de représailles, y a-t-il une puissance qui soit « aussi à portée de vous inquiéter, que celle que « le Tout-Puissant m'a confiée? Mais à Dieu ne « plaise : vous êtes mon seigneur et mon père, « ce nom me fera toujours oublier vis-à-vis de « vous que ]e suis un roi injustement attaqué, et (c ne me permettra pas d'autres sentiments que « ceux qui sont renfermés dans la protestation « que je fais d'être disposé à souffrir tout de votre « part, jusqu'à ce que Dieu veuille bien vous « donner pour moi un cœur et des sentiments « paternels. »

Toucbé sans doute par tant de noblesse de cœur et tant de respect filial, Alpbonse renonça à son projet, et Ferdinand put se consacrer tout entier à l'administration de son royaume. Sa mère Bérengëre et l'archevêque Rodrigue, son chancelier, étaient ses conseillers et ses inspirateurs ; on bénissait l'heureux discernement avec lequel il savait choisir les gouverneurs des provinces et des villes ; il veillait à ce que partout et

quoi ce conseil difi^re de ce que noi en France le Conseil privé du roi, il lui ressemble*. »Le Conseil privé, !

Conseil d'État et Conseil des parties, bunal des conflits, un tribunal d'évot tribunal de cassation, plutôt qu'un t dernier ressort ; il remédiait jusqu'à point aux inconvénients qui résuit multiplicité des juridictions et de l'e versité des lois et des coutumes; î mesure ni de préparer l'unité de la ci même d'assurer l'uniformité de 1 dence ; le Conseil royal de Castille é bunal d'appel, destiné à maintenir, d prétation des lois, cette similitude < est le complément de l'unité, déjà e la législation. L'Espagne chrétienn savons, était, d'ancienne date, en pc cette unité ; mais le code visigoth avi rement vieilli : Ferdinand entreprit de et d'y fondre les lois plus récemmei vigueur ; il confia cette œuvre de lonj aux plus savants jurisconsultes; elle

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