‹ Saint Ferdinand IIIChapitre 19 sur 64 · Il fut couronné empereur en · texte numérisé non relu

Il fut couronné empereur en

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FERDINAND, ROI DE CASTILLE

demander la main de celle-ci en faveur du roi de Castille. La négociation du mariage ne dura pas moins de quatre mois; les envoyés reparürent enfin, emmenant avec eux Béatrix; ils traversèrent la France en passant par Paris, où la future reine de Castille fut reçue avec beaucoup d’égards et d’amitié par Philippe Auguste et par la belle-fille de ce roi, Blanche de Castille, dont elle allait épouser le neveu. Le mariage fut célébré à Burgos, le 30 novembre 1219 ‘; trois jours auparavant, Ferdinand avait entendu la messe au monastère de las Huelgas, et s’était ensuite armé lui-même chevalier, en prenant sur l’autel

le baudrier et l’épée bénite dont il s'était

. ceint.

L'union de Ferdinand et de Béatrix, qu'aucun nuage ne troubla jamais, donna naissance, dans l'espace de moins de quinze années, à dix enfants: Alphonse, qui succéda à son père comme roi

de Castille et de Léon, sous le nom d’Alphonse X;

1. Ferdinand et Béatrix étaient parents au cinquième degré canonique, comme descendant l’un et l’autre de Guillaume I#, comte de Bourgogne; ils l’ignoraient très probablement; d’ailleurs, les règles posées par le quatrième concile de Latran leur permettaient de se marier sans dispense, comme ils le firent de bonne foi,

Frédéric, que nous verrons réclamer en vain à

l'empereur Frédéric II l’héritage de sa mère; Ferdinand, qui mourut en bas âge; Henri, qui devint tuteur de son petit-neveu Ferdinand IV et régent du royaume en 1295; Philippe, qui fut archevêque de Séville; Sanche, archevêque de Tolède, chancelier de Castille sous Alphonse X; Emmanuel, seigneur d’Escalona; Éléonore, qui … mourut jeune; Bérengère, qui se fit, du vivant de son père, religieuse au monastère de las Huelgas, dont elle devint abbesse; Marie, morte enfant.

Relativement à la vie intime, aux habitudes et aux vertus privées de saint Ferdinand, nous n'avons d’autres détails que ceux qui se trouvent épars dans la Chronique du ministre du saint roi, Rodrigue Ximénès, laquelle s'arrête à l'an 1243, dans celle de Luc, évêque de Tuy, qui finit dès 1237, dans la Chronique générale d’Espagne et dans la Chronique particulière du règne de Ferdinand, qui ne furent écrites l’une et l’autre que sous le règne d’Alphonse X. Luc de Tuy insiste sur la piété filiale de Ferdinand à l’égard de Bérengère : « Il lui obéissait, dit-il, comme s’il eût été un petit enfant sous la férule

, . NT à d’un maître. » Cette soumission n’était due

© PERDINAND, ROI DE CASTILLE

ni à une certaine paresse d'esprit ou à une

certaine mollesse de caractère de la part du

jeune roi, ni, de la part de sa mère, à un besoin de domination, très fréquent dans les âmes grandes et dévouées ; elle était raisonnée et volontaire : Ferdinand avait une entière confiance dans la clairvoyance de Bérengère, et 1l estimait, en suivant toujours ses avis, remplir son devoir de fils et de chrétien, et s'acquitter aussi d’un devoir de reconnaissance, ear s’il était déjà roi, c'était parce que sa mère lui avait cédé le trône. Aucun texte, d’ailleurs, ne donne lieu de croire nl de supposer que Bérengère ait abusé de son ascendant ou de son autorité, ni qu’elle se soit montrée jalouse ou tracassière vis-à-vis de sa belle-fille; la malignité publique, il est vrai, n’était pas, comme en France, à l'affût déja des racontars de palais, et prompte à surprendre et à grossir les petites querelles de famille.

Alphonse de Léon se voyait à son tour troublé dans son gouvernement par des séditions; loin de seconder les factieux du Léon, ou même de garder une neutralité qui n’aurait eu rien que de légitime, Ferdinand s’empressa d’aider son père

à soumettre les rebelles en lui envoyant du ren-

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fort (1222); il lui prêta également des troupes dans la campagne qu’Alphonse entreprit en 1228 Ë contre les Maures, et qui se signala par la conquête de Cacérès, de Mérida et de Badajoz. Au lieu de témoigner à son fils de la reconnaissance,

le roi de Léon songea de nouveau à envahir la Castille; instruit de ce dessein, Ferdinand lui écrivit une lettre, dont nous rapportons ici la

traduction qu’en donne le P. de Ligny!: « O roi

de Léon, & Alphonse, à mon seigneur et mon père, d’où vous vient ce nouveau courroux qui est prêt à éclater contre moi? Par où ai-je pu mériter que vous me déclariez encore la guerre ? Je le vois : vous ne pouvez pardonner à votre fils d’être devenu roi de Castille ; un père ne devrait-il pas plutôt s’en faire un sujet de félicitation et de joie ? Quel est le roi, maure ou chrétien, qui ose vous attaquer, tandis qu’il vous voit un pareil appui? À qui en voulez-vous donc? Tant qu'il plaira à Dieu de me conserver la vie, vous n’aurez rien à craindre de la Castille. Vous l’éprouvez tous

les jours, que ceux qui vous étaient autre-

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