‹ Saint Ferdinand IIIChapitre 23 sur 64 · OR È TA · texte numérisé non relu

OR È TA

. : pa * » { ñ rs ; L # A D ’ 7. e D

eut le dire, son seul

thédrales, tels étaient, on p

luxe et sa plus grande joie; et, s’il est vrai, comme on ne saurait le nier, que ce sont les grands hommes qui ont été les plus grands bâtisseurs, Ferdinand III, qui entreprit ou suscita l'érection de tant d’édifices doni l'Espagne demeure justement fière, mérite assurément d’être regardé non seulement pour un saint, mais pour un grand prince. Il fit reconstruire entièrement, sur un nouveau plan, la cathédrale de Tolède et posa lui-mème la première pierre de ce monument; à son instigation ou à son exemple, Maurice, évèque de Burgos, Étienne, évêque de Tuy, Laurent, évêque d’Orense, dotèrent chacun leur siège épiscopal d’une cathédrale nouvelle; Valladolid fut pourvu d’un évêché et d’une cathédrale par Jean, qui succéda comme chancelier de Castille à Rodrigue Ximénès ; le même, devenu évêque d’Osma, bâtit également la cathédrale de cette ville. Ferdinand et sa mère se plaisaient en outre, dit encore Luc de Tuy, à donner aux églises des vases sacrés enrichis de pierreries et des ornements de soie : le Christ n’a-t-il pas loué Marie-Magdeleine brisant un vase d’albâtre

pour répandre sur la tête du divin Rédempteur

le parfum de grand prix qui y était contenu? C'é tait, de même, par amour pour le Sauveur que Ferdinand et Bérengère procédaient à leurs pieuses largesses ; les sanctuaires espagnols y gagnaient de devenir d’admirables musées, sans que les sujets de Ferdinand fussent le moins du monde en droit de se plaindre de semblables dépenses : celles-ci, en effet, n’eurent jamais d'autre source que le butin prélevé sur les Maures ou les sommes épargnées par le souverain sur ses propres revenus. Peu de princes furent aussi éco- | nomes, on pourrait dire : aussi respectueux que Ferdinand III des ressources de leurs sujets; un des traits les plus connus de sa vie est le suivant: au cours de ses guerres contre les Musulmans, quelqu'un lui représentait un Jour qu’il devenait indispensable d'établir de nouveaux impôts :

« Dieu pour qui seul Je combats, répondit-il, ne manque pas de moyens de me rendre victorieux, s’il veut que je le sois; quant à moi, je suis bien résolu à n’user point de celui qui m'est proposé ». « Je crains plus, ajouta-til, la malédic-

tion d’une vieille femme! que toutes les armées

Page 1